EL JADIDA : L’agriculture demeure un moteur de croissance pour la région

Le secteur est caractérisé par la diversité des cultures. Des céréales aux fleurs en passant par la betterave ou encore les produits du terroir, l’agriculture continue de porter la province. 22 800 agriculteurs ont bénéficié des projets du pilier I du Plan Maroc Vert et 5 050 de ceux du pilier II.

L’activité agricole dans la province d’El Jadida est l’une des plus développées et des plus diversifiées. La superficie agricole, totalisant 367000 ha, est composée d’une surface agricole utile de 280 000 ha, de 68 000 ha de parcours et 19 000 ha de forêts. La superficie irriguée est de 21 000 ha dont 13 000 ha en grande hydraulique, y compris 1 100 ha irrigués par un système d’irrigation localisé dans le secteur de Boulaouane. La majorité des terres agricoles ont un statut foncier «melk» (96%) avec une dominance des petites et moyennes exploitations, dont le nombre atteint 56 400. Les agriculteurs sont organisés en 166 coopératives agricoles dont 146 laitières ; 16 associations dont 10 associations des usagers d’eau agricole.

La province exploite, entre autres, des cultures à haute valeur ajoutée. Les cultures maraîchères sont cultivées sur une superficie de 14 000 ha pour une production moyenne de 500 000 tonnes. Elles sont orientées vers les grandes zones de commercialisation sur les marchés de gros de Casablanca, Rabat et autres, et permettent aussi d’approvisionner les marchés locaux et les souks hebdomadaires. Pour sa part, la production des céréales atteint 360 000 tonnes pour une superficie de 210 000 ha contre 28 000 ha pour les fourrages, totalisant une production de 720 000 tonnes. Les autres cultures, à savoir les légumineuses alimentaires, sont plantées sur une superficie de 5 000 ha et produisent en moyenne 5 000 tonnes. De plus, sur 6 000 ha, la production moyenne des arboricultures fruitières atteint 78 000 tonnes, et sur 4 000 ha, la production des vignes s’élève à  78000 tonnes. Par ailleurs, la province a connu le développement d’autres cultures tropicales essentiellement, à l’instar de l’avocatier, le bananier et la papaye. Il faut dire que la superficie cultivée est encore faible avec 185 ha, donnant lieu à une production moyenne de 110 tonnes. En outre, dans le domaine de la floriculture, la région produit 49 millions d’unités (fleurs), dont  80% sont exportées vers l’Europe,  particulièrement en Grande-Bretagne, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 150 MDH.

En plus de la production végétale, les filières animales sont bien  développées. En effet, avec un effectif d’environ 100 000 têtes de bovins, 230000 têtes d’ovins et 6 000 têtes de caprins, la province assure une production laitière de 160 millions de litres dont 56% industrialisés, sachant que seulement deux grands opérateurs industriels, à savoir Nestlé Maroc et Centrale Laitière existent à El Jadida, desquelles des usines de Marrakech, Béni-Mellal et Casablanca viennent s’approvisionner en lait. La production en viandes rouges, elle, atteint 11 000 tonnes et est commercialisée principalement à Casablanca, Agadir et Marrakech. En ce qui concerne les viandes blanches, la production avoisine 59 000 tonnes avec 450 unités de production. Quant à la production de miel, elle représente 23,5 tonnes/an avec 180 apiculteurs. La production animale dans la province génère un chiffre d’affaires de 752 DH et 2,28 millions de journées de travail.

«Pour faire profiter la province de tous ses atouts, un ensemble de mesures a été mis en place pour inciter les investisseurs à s’y installer et à développer d’autres types de cultures», explique Abderrahmane Naili, directeur régional de l’agriculutre de Casablanca-Settat. En plus des cultures tropicales qui commencent à prendre forme, les produits du terroir s’y développent progressivement, à l’instar du figuier, de la truffe, de la vigne Doukkali, du smen, et  des produits dérivés des céréales comme le couscous, le bendeq et autres. De plus, l’activité agricole a été enrichie grâce à la création d’autres sous-activités telles que la fabrication de la peau et la laine, la valorisation des viandes rouges, la création d’unités de conditionnement des viandes blanches et d’unités d’aliments de bétail.

Il faut savoir que le Plan Maroc Vert a été pour beaucoup dans le développement agricole de la province. Pour rappel, les projets du Pilier I concernent essentiellement, pour la production végétale, l’intensification de la production des céréales, la production de semences sélectionnées et de la betterave à sucre, le maraîchage, les raisins de table et l’arboriculture, ainsi que l’intensification de la production laitière, des viandes rouges bovines et ovines, la production de viande de volaille et le miel. Ceux du Pilier II portent sur l’intensification du vignoble Doukkali, la reconversion d’une partie de la superficie des céréales en arboriculture fruitière, notamment le figuier. Parallèlement, il s’agit pour la production animale d’intensifier la production du lait, des viandes ovines et caprines et de l’apiculture. Les axes délimités par le PMV ont pour objectif d’augmenter les niveaux de production des différentes filières de production, d’améliorer la qualité et les conditions de commercialisation de la production, de créer de l’emploi et d’accroître les revenus de la population rurale.

«Sur la période 2010-2016, plusieurs projets du pilier I ont été réalisés pour un investissement de 814 MDH, au profit de 22 800 bénéficiaires», détaille M. Naili. Ils concernent notamment les filières laitière, des viandes rouges et blanches, les pommes de terre et le grenadier. De même, une enveloppe budgétaire de 61,5 MDH a été consacrée au titre des projets du pilier II, pour 5 050 bénéficiaires, et portent sur les filières du figuier, du cactus, de l’olivier, de la vigne et du miel.

«Il est important de noter, par ailleurs, que d’autres projets et actions à caractère transverse sont également prévus», souligne M. Naili. Il s’agit en particulier du programme national d’économie d’eau en irrigation et de la mobilisation des eaux d’Oum Rbii pour la sauvegarde de la zone maraîchère de Chtouka. En fait, le projet consiste en la réalisation d’un aménagement hydro-agricole dans le cadre d’un partenariat public-privé de la zone côtière s’étendant entre Azzemour et Bir Jdid  sur une superficie de 3 200 ha et touchant 600 agriculteurs répartis en deux communes rurales relevant de la province d’El Jadida. Avec un investissement de 430,4 MDH, le projet prévoit l’alimentation de cette zone à partir des eaux régularisées de l’Oued (15 millions de m3 en tête du périmètre) et la réalisation d’un réseau d’irrigation collectif. L’objectif est l’atténuation des effets de la salinité élevée de la nappe qui compromet le développement agricole de la zone.

En plus du renforcement du partenariat public-privé, le projet ambitionne d’économiser et de valoriser l’eau d’irrigation, de favoriser la durabilité de l’agriculture irriguée, d’améliorer le niveau de vie des agriculteurs. D’autant qu’il cible la création de 1900 emplois directs et autant indirects, de diversifier la productionagricole et surtout de limiter l’exploitation excessive et anarchique de la nappe souterraine. En tout cas, ce projet est réalisé avec la participation de l’Etat à hauteur de 85%, du délégataire avec 12% et des agriculteurs avec 3%.

In fine, l’effort réservé à l’agriculture n’est pas des moindres. D’ailleurs, la province d’El Jadida dispose de plusieurs atouts qui font d’elle un poumon agricole important de la région, à savoir la proximité des grands centres urbains de consommation ; l’existence et la proximité de réseaux routiers et ferroviaire et  des infrastructures portuaires et la proximité de l’influence océanique offrant des possibilités de réussir certaines cultures, cela en plus  des cultures à haute valeur ajoutée (maraîchage de primeurs, vigne, floriculture…). Parallèlement, la province a d’importants gaps à rattraper en matière de productivité et de valorisation des  productions. 

Toutefois, l’existence d’un savoir-faire local en matière de systèmes de productions ; d’un tissu d’organisations professionnelles dynamiques qui s’acquittent d’un rôle crucial en matière d’encadrement agricole et l’accompagnement de l’Etat en matière d’aide et incitation à l’investissement à travers le FDA (Fonds de développement agricole) représentent autant de facteurs favorables à même de propulser le secteur agricole de la province.

L’amont agricole se développe de plus en plus dans la province d’El Jadida grâce aux efforts déployés par les agriculteurs et investisseurs, mais aussi par les pouvoirs publics. Il n’en demeure pas moins que le volet lié à la transformation agricole y est aussi présent avec une infrastructure agro-industrielle intéressante. En effet, la province dispose de 2 laiteries à savoir Nestlé Maroc et Centrale Laitière ; 5 minoteries industrielles; 5 entrepôts pour le stockage des graines de céréales; 147 centres de collecte de lait ; 8 stations d’entreposage frigorifique; 3 stations de conditionnement des légumes et 10 couvoirs pour la production de poussins.