EL JADIDA : Entretien avec Mohammed Fikrat PDG de Cosumar

Ils sont près de 20 000 personnes à récolter et transformer les 21 500 ha de betterave de la région sur plus de 3 mois de campagne. Un fonds de solidarité a été mis en place pour contribuer à protéger les agriculteurs en cas de mauvaises récoltes. Le groupe continue de miser gros sur les moyens technologiques.

– La sucrerie de Sidi Bennour devient l’un des moteurs de croissance de la région. Comment contribue-t-elle à son développement?

La sucrerie des Doukkala est depuis plusieurs décennies un véritable pôle agro-industriel, moteur du développement socioéconomique de la région de Doukkala.

Depuis 1969, date de sa création, la sucrerie localisée à l’entrée de la ville de Sidi Bennour emploie près de 180 employés permanents toute l’année. Mais lors de la période des campagnes saisonnières qui s’étale d’avril à juillet chaque année, l’activité de la sucrerie nécessite le renfort de 1 000 travailleurs  occasionnels. En effet, c’est sur plus de 3 mois de campagne que la betterave cultivée sur 21 500 hectares par les 20000 agriculteurs sucriers partenaires de la région est récoltée et transformée pour produire du sucre blanc commercialisé sous la marque Enmer. Plus de 2 millions de journée de travail sont générées depuis la récolte jusqu’à la livraison des plantes au centre de réception de l’usine. Les rendements de la campagne actuelle ne sont pas encore figés mais nous pouvons rappeler que lors de la campagne précédente, les rendements moyens ont dépassé les 80 tonnes/ha.

– Vous entretenez des relations solides avec les agriculteurs. A quel point êtes-vous engagé auprès de ces partenaires ?

Nos partenaires agriculteurs constituent la véritable force motrice dans la réussite de chaque campagne sucrière. Ils sont près de  20 000 dans la région des Doukkala et nous les accompagnons chaque année  tout au long du cycle de croissance de la betterave jusqu’à l’arrachage, sous la planification et la supervision du Comité technique régional.  Toutes les mesures sont prises au quotidien pour garantir la réussite de cette campagne et atteindre les objectifs fixés en termes de richesse et de production de betterave. Notre engagement se traduit par un accompagnement financier, technique mais aussi social. En plus de ces axes, un fonds de solidarité au sein de Fimasucre (Fédération interprofessionnelle marocaine du sucre) a été mis en place pour contribuer à protéger les agriculteurs en cas de mauvaises récoltes dues aux conditions climatiques, et à assurer un accompagnement social des agriculteurs et leurs familles.

– Le groupe accorde une grande importance aux moyens technologiques utilisés. Comment évaluez-vous le volet transformation de la filière sucrière, surtout dans la province d’El Jadida?

La transformation de la filière sucrière dans la région s’est mise en route ces dernières années avec un objectif de création de valeurs partagées : des performances globales tant en termes de productivité que d’amélioration des ratios industriels et environnementaux.

De nombreux investissements ont permis la modernisation du site. Ces investissements ont concerné la mise à niveau des installations industrielles, l’extension de la capacité de traitement de betterave à  15 000 tonnes par  jour, mais également l’acquisition de technologies propres et la rationalisation des consommations énergétiques. Le respect de l’environnement et la préservation des ressources naturelles est la priorité de ce site du Groupe Cosumar et est partie intégrante de sa stratégie globale de développement. A ce titre, une enveloppe de 40 millions de dirhams a été consacrée à l’environnement.  Ces efforts ont permis notamment la maîtrise des rejets liquides et la rationalisation de la consommation de l’eau qui a été réduite d’environ 86%. La sucrerie, site de Cosumar, a également acquis deux nouvelles chaudières à combustion propre équipées de systèmes de traitements des émissions gazeuses et répondant aux exigences des normes internationales. Le site est certifié Iso 14001.

– Comment s’annonce la campagne sucrière en cours? Et quels moyens avez-vous déployés pour assurer sa réussite?

La campagne betteravière de la sucrerie de Sidi Bennour, qui s’étale en général d’avril à juillet, se déroule cette année dans de bonnes conditions avec un climat clément et une récolte de qualité. Les performances affichées sont prometteuses et témoignent des efforts que nous fournissons et ce, grâce à la conjonction de nos efforts et de ceux de nos partenaires locaux.

– Quel regard portez-vous sur le développement de la province ces dernières années?

La province d’El Jadida est une région très riche en potentialités tant en termes de développement industriel, agricole que  touristique. Plusieurs projets réussis et des investissements importants y ont été consacrés et les retombées économiques et sociales sont très prometteuses et révèlent que la province s’est inscrite dans une véritable dynamique de croissance économique.