Dattes : une offre très diversifiée, des prix stables

Dans l’attente de l’entrée en production des nouvelles plantations dans quatre ans, le Maroc continue d’importer entre 50 000 et 60 000 tonnes. La consommation est de 3 kg par habitant et par an.

En l’attente de l’entrée en production des nouvelles plantations de palmier dattier pour l’atteinte de l’autosuffisance, le prix des dattes reste généralement stable, y compris lors des périodes de pic de consommation. C’est ce que nous affirment à l’unisson les professionnels de la filière phoenicicole sondés par La Vie éco.

On le sait. La datte est incontournable le Ramadan. Riche en fibres, en vitamines et en calories, elle est à l’évidence trop prisée pour la rupture du jeûne. A la différence de l’Algérie et la Tunisie où la consommation par an et par habitant dépasse dix kilos, le Maroc consomme annuellement beaucoup moins (soit 3kg/hab/an). Une consommation saisonnière, durant le Ramadan, les fêtes religieuses et les occasions familiales, rappelle Mohamed Belhassan, président de la Fédération interprofessionnelle des dattes (Fimadattes). Qu’en est-il des prix cette année avec une production de 104 000 tonnes ? «Les prix sont généralement au même niveau que les années précédentes», affirme notre interlocuteur.

Même son de cloche chez Hamidi Sidi Mohamed, président de l’Association des investisseurs de la filière des dattes. «Les prix des variétés locales sont stables ces dernières années, mais restent tout de même légèrement élevés, du moment que Ramadan précède la récolte de plusieurs mois», détaille-t-il.
Un stockage qui se fait souvent à l’aide de frigos énergivores des mois durant. Dans d’autres pays, les dattes sont stockées sans chaîne de froid, après une opération de séchage. C’est ce qui expliquerait, entre autres, les prix abordables des dattes importées, d’après notre interlocuteur.

Les étiquettes vont de 8 à 150 DH

De manière générale, la particularité des dattes est que les prix sont très variables. En gros, tout dépend de la variété, de la qualité et du canal de distribution. Dans le détail, les prix vont de 8 à 150 DH, voire plus chez les boutiques spécialisées dans les dattes de luxe ; une niche qui se développe à Casablanca et Marrakech. Exemple : le Mejhoul, star des variétés marocaines, a été écoulé, ce lundi 6 mai, à Errachidia dans une fourchette allant de 80 à 100 DH le kilo pour une qualité moyenne, et de 120 à 150 DH pour une qualité supérieure. Variété tout aussi prisée, Boufeggous est vendue à partir de 60 DH dans la même région. «Mis à part le Mejhoul et Boufeguous, les autres variétés marocaines sont proposées dans une fourchette allant de 30 à 60 DH», indique le président de la Fimadattes.

Les dattes importées, elles, sont vendues à des prix tout aussi variables. De 20 à 50 DH le kilo, d’après les connaisseurs du marché. En tête des pays exportateurs, la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte. Viennent ensuite les pays du Golfe – Arabie saoudite et Emirats arabes unis -, qui commencent à se tailler de petit parts de marché. Au total, le Maroc importe annuellement entre 50000 et 60000 tonnes. Ce qui en fait un des premiers importateurs au niveau mondial.

Le Maroc, autosuffisant dans quatre ans

Lancé en 2011 dans le cadre du Plan Maroc Vert (PMV), le contrat-programme de la filière des dattes vise l’autosuffisance du Maroc (160000 tonnes) à l’horizon 2020. Pour ce faire, la plantation de 17 000 ha et la production de 2,9 millions de vitro plants ont été programmés. Aujourd’hui, l’objectif est atteint à 71%, selon le ministère de l’agriculture, si l’on tient compte de la production moyenne de la période 2013-2017 (114000 tonnes). «Nous tablons sur une montée en puissance de la production à même d’assurer l’autosuffisance dans trois ans», estime M. Belhassan. De son côté, M. Hamidi explique que le marché local sera prioritaire pour les producteurs. Reste à savoir si la production nationale sera suffisamment compétitive pour se substituer aux importations.

• 2 milliards de chiffres d’affaires
• 59 640 hectares de surface cultivée,
• 117.000 tonnes de dattes produites en moyenne par an,
• 6,9 millions pieds de palmiers dattiers,
• 3,25 kg de dattes consommés par habitant et par an,
• 48 unités de conditionnement et stockage des dattes d’une capacité de traitement de plus de 15000 t et de stockage de 5575t
• 12 000 emplois,
• 3,6 millions de journées de travail par an,
• 50% des revenus agricoles pour plus de 2 millions de citoyens,
• 471 000 km2 de zones à vocation phœnicicole, soit près d’un tiers du territoire national.

Source : Commissariat du Salon international des dattes au Maroc (Sidattes), ministère de l’agriculture.