Boostée par les investissements publics, la filière rose à parfum en pleine croissance

Depuis 2008, 65 MDH de fonds publics ont été investis dans la filière de la rose à parfum. La production a atteint 3 900 tonnes pour 800 ha plantés. Les prix ont été multiplié par 3,5.

Pas moins de 3 900 tonnes. C’est la production totale de la filière de la rose à parfum pour la campagne actuelle, selon les chiffres du ministère de l’agriculture, communiqués en marge de la 57e édition du Festival international de la rose à parfum. L’évènement qui a pris fin, dimanche 28 avril, à Kelaât M’Gouna (province de Tinghir) après 5 jours de festivités et d’activités riches et diversifiées.

Organisée cette année sous le thème «La rose à parfum, un levier fort d’emploi et de la dynamique économique locale», la manifestation annuelle à caractère socio-économique et culturel vise à mettre en avant les potentialités dont regorge la région, renforcer le rôle des acteurs de la filière de la rose, promouvoir la commercialisation des produits des petits agriculteurs et échanger et développer des partenariats entre les parties prenantes.

63 tonnes à l’export

S’agissant des autres chiffres et indicateurs, les exportations de la filière ont atteint, quant à eux, une moyenne de 8 MDH sur les 3 dernières années pour un volume moyen de 63 tonnes; toujours selon le département de tutelle. En constante amélioration, le rendement est passé de 3t/ha avant le lancement du Plan Maroc Vert (2003-2007) à 4t/ha, lors de la période 2015-2018, soit une amélioration de 30%. La superficie plantée est de 880 ha.

Fait important à signaler, le prix de la rose à parfum a connu une augmentation spectaculaire ces dernières années, passant de 7 DH/kg avant le Plan Maroc Vert à 25 DH/kg en 2018, grâce aux efforts de valorisation et de professionnalisation de la filière.

Cette augmentation est soutenue par l’organisation des producteurs au sein des coopératives et des Groupements à intérêt économique (GIE), ce qui a renforcé leur pouvoir de négociation ainsi que par une forte demande sur la rose sèche et les boutons floraux qui constituent une alternative pour la valorisation de la rose.
A cela s’ajoutent la forte demande sur la rose fraîche en raison de la mise en place d’une troisième unité de transformation de la rose Ard Guisser et la dotation des coopératives des unités de distillation dans le cadre du Plan Maroc Vert.

Trois grandes unités industrielles de transformation en service

Sur un autre registre, les investissements publics pour le développement de la filière de la rose ont atteint 65 MDH sur la période 2008-2018. Ils ont principalement concerné l’irrigation, la mise en place d’unités de valorisation, et d’une maison de rose.
Aujourd’hui, le Maroc dispose de trois grandes unités industrielles de transformation, en plus de 18 unités à caractère artisanal dont 15 distilleries à Draa-Tafilalet, installées dans le cadre du Projet de la rose qui s’inscrit dans le Plan régional agricole. Les quantités transformées industriellement sont estimées à plus de 1 000 tonnes de roses fraîches.

Coté emploi, la filière procure un revenu important aux agriculteurs de la province et assure aujourd’hui près de 400 000 journées de travail. Notons, enfin, que le Royaume est le troisième producteur mondial de rose à parfum, après la Bulgarie et la Turquie.

L’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) a réalisé durant la période 2012-2018 plusieurs projets dans les domaines agricoles, l’équipement et le désenclavement du monde rural dans la province de Tinghir, capitale de la rose à parfum.
Selon des données internes publiées à l’occasion de la 57e édition du Festival international de la rose à parfum, les actions de l’agence ont ciblé 21 communes de cette province, soit 288 025 bénéficiaires pour une enveloppe budgétaire de 214 MDH, dont 83 millions comme contribution de l’agence (38,8%).
Dans le domaine agricole, l’agence a contribué avec 31,82 MDH (75,7%) dans le soutien du développement de la filière de la rose à parfum, la construction et l’équipement de la Maison de la Rose à parfum à Kelaât M’Gouna, la présentation d’une subvention annuelle au Festival international de la rose à parfum, le soutien et la valorisation des -produits de terroir et l’équipement des unités de conditionnement et de valorisation de ce produit agricole.
Les interventions de l’ANDZOA concernent aussi l’équipement et la distribution de matériels agricoles de valorisation du produit, l’organisation de formations au profit des agriculteurs, la mobilisation des ressources hydriques et l’aménagement des équipements hydro-agricoles, la réhabilitation des seguias et khettaras dans les communes de Alnif, Hssia et Mssisi et la construction de deux murs de protection à la commune Ait Hani. Eau potable, désenclavement, électrification, enseignement, santé… sont d’autres domaines où est intervenue l’agence durant la même période.