ADSL : le rappel à l’ordre de la Cour des comptes

La Cour pointe le développement limité des infrastructures du réseau fixe. Les technologies autres que le mobile “ne profitent pas” du même niveau d’évolution, de concurrence et de promotion.

Le 20 mai 2019, la Cour des comptes publiait un rapport portant sur l’évaluation des services publics en ligne. Beaucoup de défaillances ont été pointées, dont “le faible” développement de l’accès aux services de télécommunication à travers les réseaux fixes et mobiles.

Dans son rapport, l’institution que préside Driss Jettou tient à rappeler que le Maroc compte, depuis 2015, trois principaux opérateurs, et ce suite à l’ouverture du secteur des télécommunications, en 1996, par la loi 24-96. Malgré cette ouverture, la Cour des comptes a relevé certaines contraintes liées à l’accès aux services des télécommunications, qui peuvent constituer des entraves au bon développement et à une large utilisation des services publics en ligne. Parmi ces contraintes, la Cour des comptes mentionne l’évolution “limitée” du réseau fixe.

Service préféré des organismes publics

Dans son évaluation, la Cour des comptes commence par dresser un constat sur l’évolution de l’abonnement au réseau fixe. «Le parc des abonnés au fixe est passé de 1,5 million d’abonnés en 1999 à environ 1,8 million d’abonnés en 2017, soit une évolution de 20% sur une période de 18 années», note la Cour des comptes, rapport qui juge que «le développement des infrastructures du réseau fixe est limité». Or, ajoutent les rédacteurs, c’est à travers ces infrastructures que passe le plus gros volume des données de par le monde. Et ce, dans la mesure où ce sont les services adéquats et préférés des organismes publics et privés de moyenne et grande taille. C’est pourquoi, selon la Cour des comptes, les pays développés continuent à améliorer leurs infrastructures fixes à large bande, en particulier par l’installation des réseaux en fibre optique.

Au Maroc, les connexions internet sont portées à hauteur de 94% par le mobile. Pour ce qui est de l’ADSL, il est à moins de 7%. Comptant 1,23 abonné, le marché ADSL est détenu à 99,98% par Maroc Telecom. Cette situation est expliquée par le fait que les technologies autres que le mobile «ne profitent pas» du même niveau d’évolution, de concurrence et de promotion. Et de conclure : «Malgré leur introduction depuis 2005, la mise en œuvre de certains leviers de régulation, comme le dégroupage, la co-localisation et le partage des infrastructures, connaissent toujours des problèmes opérationnels et tardent à produire les effets escomptés sur le secteur».

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