A quoi ressemblera la Renault économique

Vendue à partir de 55 000 DH, la Logan sera assemblée au Maroc dès le deuxième semestre de 2005
Le véhicule sera commercialisé sous la marque Dacia, avec trois versions disponibles dès le début.

Le projet de nouvelle voiture économique mondiale, répondant au nom de code L.90, et commercialisé sous l’appellation «Logan», est au point. Mieux encore, la production du véhicule va commencer, tout d’abord, et dès les prochains mois, en Roumanie, dans l’usine de Pitesti, à 120 km de Bucarest. Son assemblage au Maroc est attendu pour le deuxième semestre de 2005. Quelque 22 millions d’euros (environ 245 MDH) seront investis dans la chaîne de montage de la Somaca.
Si Renault ne veut pas communiquer la date exacte, on sait par contre que, dans notre pays, la voiture sera commercialisée sous la marque Dacia.
Par ailleurs, on sait d’ores et déjà que son aspect extérieur ne fera pas se retourner les foules et que sa silhouette, comme sa frimousse, tiennent de la Dacia mais aussi de la famille Renault. C’est que ses concepteurs (le design et l’ingénierie se sont faits au technocentre Renault de Boulogne Billancourt) l’ont concue pour tout le monde et, dans cette optique, il fallait éviter toute fantaisie.

Le moteur est conçu pour parcourir entre 150 000 et 170 000 km

Malgré tout, comme l’explique le patron de Renault, Louis Schweitzer, elle porte «les gènes» du créateur automobile français. Qu’est-ce-que cela peut bien vouloir dire ? Tout simplement que les concepteurs ont capitalisé tout le savoir-faire, l’ingénierie et la technologie Renault. En effet, comme il fallait faire un véhicule «habitable, robuste et pas cher», il était indispensable qu’il soit pris en charge par la maison-mère pour réussir l’équation fiabilité/accessibilité. C’est ainsi que la Logan a été réalisée en acier classique, qu’on y retrouve les éléments amortis qui ont fait leurs preuves sur la Clio, la Twingo ou encore la Megane. Exemple : elle a hérité du compartiment moteur (1,4 L et 1,6 L), du train avant (le train arrière vient de l’alliance Renault/ Nissan), des freins arrière et même des poignées de porte de la Clio. Son électronique lui est léguée par le tandem Clio/ Twingo. Tout a, en effet, été pensé pour écraser les coûts, même au niveau de la carrosserie ou, par exemple, pour réduire les frais d’emboutissage, la présence d’arêtes a été limitée. Les phares basiques ont aussi été conçus pour réduire le coût des moules. Cependant, toutes ces économies d’échelle, si elles garantissent un prix d’accès intéressant (un prix d’accès au Maroc qui serait de 55 000 DH), ne réduisent en rien sa fiabilité et sa robustesse. En effet, les spécialistes de Renault affirment que, grâce à la technologie à laquelle il a été adossé, le véhicule aura de 5 à 7 années de longévité. Ce calcul est fait sur la base d’une moyenne de 20 000 km parcourus par an, au Maroc notamment. Le moteur de la Logan, disent les spécialistes de Renault en ayant l’air de demander de ne pas le répéter, est conçu pour parcourir sans embûches entre 150 000 et 170 000 km.

Un break et une fourgonnette sont prévus dans la gamme

Chez le constructeur français, on explique que le projet de voiture économique a été mûrement réfléchi. Il y a eu d’abord des résistances car l’idée de concevoir une «voiture du pauvre» a, au départ, paru peu valorisante car ne comportant aucun défi technologique. Puis, la tentation d’imaginer une version du véhicule sur la base de la R19 et de le construire à partir de la Roumanie fut également écartée. Finalement, c’est le site de Pitesti qui a bel et bien été retenu, mais le projet qui a alors pris forme a été la fabrication d’un véhicule aux normes européennes (notamment en matière de dépollution) et aux standards internationaux en matière de sécurité, même s’il ne sera pas commercialisé en Europe occidentale. En fait, le pari d’une voiture de génération avancée avec une accessibilité remarquable au niveau du prix est aujourd’hui une réalité.
Ce qui reste à déterminer, c’est l’accueil que lui réservera le public. Au Maroc, c’est le réseau du concessionnaire qui en assurera la commercialisation, quitte à être renforcé. On assure, chez le représentant de la marque, que l’après-vente ne posera aucun problème puisque le véhicule ne nécessite pas de mise à niveau ni du personnel ni de l’outillage de diagnostic, par exemple.
Y aura-t-il une gamme Logan pour assurer à ce véhicule, destiné aux pays émergents, un destin différent de celui qu’a connu la voiture économique au Maroc ? Oui, disent encore les responsables de Renault. Il y aura trois versions dès le départ, dont celle dotée de la climatisation d’airbags et de l’ABS. On parle même d’un break et d’une fourgonnette à l’avenir. Il est prévu d’assembler environ 30 000 véhicules par an, dont la moitié pour le marché intérieur. En fait, Renault compte assembler ou construire le modèle dans plusieurs régions du monde comme la Russie, la Turquie, l’Iran ou la Chine. Louis Schweitzer prévoit un avenir si florissant à ce véhicule qu’il table sur des ventes mondiales de 700 000 unités par an… pour commencer. Car, à long terme, ce ne sont pas moins de 4 millions de véhicules qu’il prédit pour la voiture mondiale de sa firme à l’adresse de tous ceux qui, faute d’un pouvoir d’achat conséquent, ont été, jusque-là, exclus du rêve de posséder leur propre véhicule. Mais, à part le constructeur, la plupart des grandes marques, entre autres PSA, Volkwagen et Ford, nourrissent la même ambition : celle de partir à l’assaut des marchés des pays émergents

Une voiture économique qui fait appel aux dernières innovations technologiques ? Pour réussir ce tour de force, Renault a puisé dans le vivier de composants des Clio, Mégane et autre Twingo, dont le coût de recherche et développement a déjà été amorti.