79 entreprises ont fermé leurs portes en 2006, 84 ont réduit le temps de travail

Le climat des affaires semble s’être sensiblement amélioré en 2006. D’après les statistiques du ministère de l’emploi, 79 entreprises ont totalement cessé leurs activités en 2006, contre 112 en 2005, soit une baisse de 29,5%. Le nombre d’emplois perdus a ainsi reculé de 15,9%, passant de 7 585 à 6 376 d’une année à l’autre. A cela, il faut ajouter les compressions de personnel qui ont occasionné la perte de 1 475 emplois dans 58 autres entreprises, au lieu de 2 017 perdus une année plus tôt.

Au total, ce sont 7 851 salariés qui se sont retrouvés sur le carreau. Avec 40% des licenciements, la branche habillement a été la plus touchée. Elle est suivie du transport terrestre avec 13,86% de l’effectif, et de l’hôtellerie restauration avec 5,75%. Outre la destruction d’emplois, 84 entreprises ont dû recourir à la réduction du temps de travail en 2006 contre 109 en 2005. Une population de
7 404 salariés a été concernée par cette mesure au lieu de 8 312 en 2005.

Les solutions négociées ont fait reculer les arrêts de travail
Pour l’essentiel, ce sont des difficultés économiques qui ont été à l’origine de ces fermetures et autres réductions du temps de travail, explique le ministère de l’emploi. Ce motif est confirmé par les centrales syndicales qui, sans avancer de chiffres, précisent qu’«il y a eu très peu de fermetures suite à des conflits sociaux». Du côté de l’UMT (Union marocaine des travailleurs), on signale même «une amélioration du climat social dans les entreprises». Il est souligné que «les négociations aboutissent le plus souvent à des ententes entre employés et employeurs car il y a un véritable travail de sensibilisation au niveau du syndicat».

Et la centrale syndicale d’ajouter que «le cas le plus parlant est le conflit de Bimo qui a été réglé suite à une large négociation alors que l’on a frôlé la fermeture de l’usine et la perte de plusieurs centaines d’emplois. Les négociations ont même abouti à la signature d’une convention collective». Mais cet exemple ne fait pas oublier à l’UMT le cas malheureux de General Tire.
Même son de cloche à la CDT(Confédération démocratique du travail) où on confirme aussi le recul des arrêts d’activité causés par des conflits sociaux. L’époque de ce que l’on a longtemps qualifié de «grèves sauvages» (occupations d’usines, destruction des équipements) semble donc révolue. Aujourd’hui, estime-t-on dans les centrales syndicales, les conflits trouvent toujours une issue et aboutissent même à la mise en place de plans sociaux prévoyant diverses mesures (réduction du temps de travail, redéploiement du personnel, signature de conventions collectives) permettant d’éviter la fermeture et la suppression d’emplois. L’UMT est favorable à ces règlements négociés des problèmes et invite les partenaires sociaux à souscrire à la démarche.

Plus de 9 000 embauches en 2006
En attendant, l’évolution des pertes d’emplois dues aux fermetures d’usines corrobore la tendance à la baisse du taux de chômage, selon les statistiques que publie le HCP (Haut commissariat au plan). D’ailleurs, si l’on tient compte des créations d’emplois dues à la réouverture d’entreprises temporairement fermées en 2005, le solde net des emplois détruits est de 2 915. En effet, 154 établissements rouverts ont rembauché quelque 4 936 salariés. La situation est encore plus favorable si l’on y ajoute la création de 4 166 nouveaux emplois par 151 autres entreprises, alors que, pour l’année précédente, elles n’étaient que 54 à avoir embauché 1 366 personnes supplémentaires.

En définitive, ce sont 9 102 emplois qui ont été créés, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’emploi. Les pertes défalquées, on retombe sur un solde net de 1 251 emplois créés. En revanche, 17 entreprises seulement ont rétabli la durée du travail contre 30 au cours de 2005. On notera que la réouverture des entreprises et l’augmentation des effectifs ont surtout concerné la construction, qui totalise 39,91% des effectifs embauchés, l’habillement (10,58%), le commerce de détail (5,73%) et l’agriculture (5,57%).