3 milliards de DH pour une 3ème voie de chemin de fer entre Kénitra et Zénata
16 novembre 2011
Mohamed Moujahid (1048 articles)
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3 milliards de DH pour une 3ème voie de chemin de fer entre Kénitra et Zénata

Le projet sera financé partiellement par un prêt de la BAD de 3.3 milliards de DH, le reste étant couvert par des fonds propres et une partie des fonds levés sur le marché obligataire. La première tranche de 50 km est déjà  attribuée. Le chantier sera totalement livré en 2015.

L’Office national des chemins de fer (ONCF) construit une troisième voie de 100 km dédiée au fret, entre Kénitra et Zénata. Dicté par l’accroissement attendu du trafic voyageurs et marchandises sur cet axe dans les années à venir, compte tenu de la ligne à grande vitesse et de la montée en charge des flux entre le port de Tanger Med et Casablanca, ce projet est inscrit dans le plan d’investissement pour la période 2010-2015 de l’office. Le montant total des financements est de 33 milliards de DH, dont 20 milliards pour la ligne à grande vitesse et 13 milliards pour le développement du réseau actuel.
La troisième voie coûtera à elle seule 3 milliards de DH, en plus de 1,5 milliard pour la mise à niveau et la modernisation des voies existantes de l’axe Kénitra-Casablanca. Ces ressources sont aujourd’hui totalement sécurisées. Pour l’année en cours, l’office prélèvera 200 MDH sur le milliard et demi levé courant octobre sur le marché obligataire. Pour les années suivantes, les besoins concernant cette voie seront partiellement satisfaits par le prêt de 300 millions d’euros (3,3 milliards de DH) accordé par la Banque africaine de développement (BAD) et par un apport en fonds propres.

L’office a déjà entamé les travaux de réhabilitation des infrastructures annexes

La première tranche de cette troisième voie, soit 50 km, a déjà été attribuée. Les appels d’offres pour les deux autres tranches de 37 km et 12 km seront lancés début 2012. Le démarrage effectif des travaux est programmé pour 2013 et le chantier sera livré en 2015.
Il faut signaler que cette nouvelle voie sera, pour des raisons de sécurité et de fluidité du trafic, entièrement clôturée. Cela implique la fermeture de tous les passages à niveau actuels, la construction de nouveaux passages souterrains et de passerelles, notamment au niveau des gares qui se trouvent sur cet axe, ainsi que le renforcement du tunnel de Rabat. En parallèle, c’est toute l’infrastructure existante qui sera modernisée pour accueillir un trafic plus dense généré par la ligne à grande vitesse. Celle-ci nécessite des voies plus robustes, mais aussi des équipements, des installations et des appareils adaptés, et notamment le changement de la caténaire (ligne d’alimentation électrique). On s’attend à ce que sur cet axe, déjà le plus fréquenté du réseau ferroviaire, qu’il y ait un train toutes les 10 minutes en moyenne.
Ces travaux préliminaires mais non moins importants sont effectués à hauteur de 26%, annonce l’ONCF. Le renouvellement des lignes électriques est réalisé à 40% et la suppression des passages à niveau à 60%. L’office précise que quatre de ces endroits, connus pour être dangereux, sont déjà supprimés.
Il restera après à parachever cette troisième voie jusqu’à Casablanca, mais c’est là un autre programme qui entre dans le cadre de la construction de la ligne RER prévue dans le plan d’aménagement du Grand Casablanca, entre Mohammédia et Nouaceur, en passant par Casa-Port. Un projet qui se heurte à des problèmes de différentes natures, particulièrement ceux liés à la gestion de la ville de Casablanca. Tous ces chantiers sont inclus dans le contrat programme signé par l’Etat et l’ONCF au début de l’année 2010. Contrat programme qui prévoit, outre le TGV, l’électrification de la ligne Fès-Oujda et la mise à niveau de la ligne Settat-Marrakech sur laquelle 32 km de voie et 140 km de caténaires doivent être renouvelés, en plus du doublement du tronçon Skhour Rhamna-Benguerir et Sidi Ghanem sur 60 km. Le coût de ce projet se monte à 600 MDH dont 250 millions à financer en 2011 par le dernier emprunt obligataire.
Le contrat programme comprend aussi la poursuite de la modernisation des gares ferroviaires pour un montant de 800 MDH, la réhabilitation du matériel roulant et  la construction d’un réseau de plateformes logistiques. Ce dernier projet permettant de fidéliser les clients actuels et en attirer de nouveaux nécessite un investissement de 500 MDH dont 240 millions à engager dès la présente année.