Un contrat programme pour la mise en œuvre de l’efficacité énergétique

Dans l’attente du démarrage effectif de la Stratégie nationale de l’efficacité énergétique, l’AMEE ne chôme pas. Plusieurs projets sont en cours de déploiement dans les secteurs énergivores, mais la montée en puissance n’est pas encore amorcée.

Une économie d’énergie de 20% à l’horizon 2030. Telle est l’objectif fixé par la Stratégie nationale d’efficacité énergétique, présentée au conseil de gouvernement en juin 2017. Celle-ci cible les secteurs les plus énergivores, en particulier le transport, les bâtiments, l’agriculture et l’éclairage public (voir encadré). A en croire une source au ministère de l’énergie, la première phase de la stratégie sera mise en œuvre dans le cadre d’un contrat programme entre l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), les départements ministériels concernés et les régions. En attendant le démarrage effectif de la stratégie, plusieurs projets ont été déjà réalisés par le département de tutelle, l’AMEE et ses partenaires. D’autres sont en cours.

L’audit énergétique deviendra obligatoire

Dans le secteur de la construction, plusieurs actions ont été menées pour concrétiser les dispositions du décret approuvant le règlement général de construction (RGC-PE), fixant les performances énergétiques des constructions. Guides techniques, ateliers de formation, développement du logicial Binayate… sont autant de pas en avant pour l’application de la réglementation. En cours d’élaboration par l’Ecole supérieure de technologie avec l’appui de la GIZ, une étude devra actualiser la base de données de Binayate, en élaborant les caractéristiques thermiques des matériaux de construction. Le comité national de l’efficacité énergétique a tenu une réunion en mars 2017, pour fixer un plan d’action visant l’appui à l’application du RGC-PE.
Au niveau des mosquées, la mise à niveau énergétique a ciblé 100 mosquées à ce jour. Pour ce qui est des bâtiments publics, l’exemplarité de l’Etat a été actée comme principe à suivre. Une étude s’est déjà attardée sur l’évaluation de la consommation énergétique, la proposition d’un programme d’efficacité, les investissements requis, et les cadres institutionnel, organisationnel et financier appropriés. Résultat : une feuille de route est en cours d’élaboration. Celle-ci sera appuyée financièrement par la Banque allemande kWf et la Banque mondiale. N’étant pas en reste, l’agriculture a été elle aussi dans le viseur de l’AMEE. Un projet appuyé par le PNUB est en cours de développement pour la création d’un marché national de pompage solaire dans le secteur de l’irrigation. Par ailleurs, un programme d’ateliers sectoriels a été mis en place, pour promouvoir et l’efficacité énergétique et examiner les opportunités offertes par son développement. En présence des bailleurs de fonds et des organismes d’accompagnement, les expériences réussies sont mises en avant pour inciter les opérateurs à s’en inspirer. C’était le cas dans les secteurs de l’industrie, l’agriculture et le BTP.

Sur un autre registre, l’AMEE agit également sur le front légal

Le corpus réglementaire autour de la loi n°47-09 a été enrichi par 3 projets de décrets introduits dans le circuit d’approbation. Ceux-ci portent sur l’audit énergétique obligatoire et aux organismes d’audit énergétique, les cahiers des charges des entreprises de services énergétiques, et les performances énergétiques minimales et l’étiquetage énergétique des appareils et équipements énergétiques. En clair, la loi se muscle pour s’imposer par la contrainte. Enfin, le repositionnement de la Société d’investissement énergétique (SIE) en société publique de service énergétique s’est fait dans la logique de doter le secteur, encore naissant, d’un opérateur public capable de créer un écosystème autour des services énergétiques.
Considérée comme étant une source d’énergie au sens de la Stratégie énergétique nationale, l’efficacité énergétique s’est déployée timidement depuis 2009, estime un expert du secteur. A l’en croire, les quelques programmes et projets menés ici et là sont louables, mais la montée en puissance n’a pas encore été amorcée.

Le transport est le premier secteur consommateur d’énergie avec 38%, à en croire les chiffres officiels. Il est suivi par les secteurs du bâtiment avec 33% et de l’industrie avec une part de 21% de la consommation énergétique finale. Viennent enfin le secteur agricole et l’éclairage public dont la consommation est de 8%.