Success story. Toute une vie dédiée à l’arganier

Mustapha Amehdar, un jeune trentenaire de la région de Souss-Massa, s’est passionné pour cet arbre emblématique de la région, dès son jeune âge. Chercheur dans l’arganiculture et exploitant, il a montré la voie aux jeunes de sa localité.

Pendant longtemps, l’arganier replanté ne survivait pas. Depuis 1998, grâce aux recherches scientifiques menées en la matière, des expériences réussies de replantation ont convaincu que l’arganiculture est possible et offre de belles perspectives de développement socioéconomique durable. Bien avant l’intérêt croissant pour cette filière, Mustapha Amehdar, un jeune trentenaire de la région de Souss-Massa, s’est passionné pour cet arbre emblématique de la contrée. C’est en effet à l’âge de 12 ans qu’il a fait ses premiers essais de culture. «Depuis mon enfance, j’entendais dire que l’arganier ne se cultive pas, mais je n’ai jamais été convaincu et je ne cessais de me poser des questions à ce sujet. Un jour, j’ai pris des graines et je les ai semés dans un verger de 3000 m² qui appartient à ma famille. Au fil de mes essais dans ma parcelle expérimentale, j’ai appris à mieux organiser ma culture», raconte-t-il. Très vite, ce passionné par l’arganier, après avoir mis en place en 2000 une pépinière, a entrepris de développer son idée. C’est comme cela qu’il a réalisé la plantation de 150 arbres en 2006 sur 5000 m² et 350 arbres en 2008 sur 1 ha. Aujourd’hui, il dispose de 1300 arbres, dont 300 en irrigué, sur 3,5 ha dans la province de Chtouka-Ait Baha, au Douar Sehb, dans la commune rurale de Oued Safa.

Licencié en langue amazighe et membre d’un groupe de recherche sur l’arganier

Parallèlement à sa jeune activité agricole, Mustapha dit avoir mené aussi de front un parcours académique. Son bac en poche en 2006, il se lance dans une licence de la langue amazighe à la Faculté des lettres de l’Université Ibn Zohr. Mais jamais bien loin de l’arganier. En 2010, son sujet de recherche de fin d’étude de licence portera sur «La relation de l’Homme amazigh avec l’arganier».
Sa licence obtenue, il continue à s’investir dans son projet d’arganiculture. En 2007, suite à la visite à son exploitation de chercheurs universitaires sur l’arganier, il intègre un groupe de recherche de la Faculté des sciences au département de Biologie de l’Université Ibn Zohr. C’est ainsi que dans le cadre d’un stage payant, il participera, grâce à son expérience, à l’identification variétale de l’arganier. Il poursuivra par la suite sa contribution au développement de la filière en travaillant en tant que technicien de 2009 à 2011 à l’Association marocaine de l’indication géographique de l’huile d’argane (Amigha), tout en continuant à s’activer dans ses exploitations d’arganiers. C’est comme cela qu’il a investi dans le creusement d’un puits de manière à accompagner la culture d’arganiers par des cultures intercalaires.

Objectif : produire des plants certifiés

Aujourd’hui, grâce à ses investissements matériels et en temps sans relâche, son exploitation produit 10 tonnes d’afiyach/ an (fruit de l’arganier) qu’il vend aux coopératives d’extraction d’argane.
Dans le plan de développement de son activité, il a programmé de mettre en place une coopérative de production de plants d’arganiers. Pour l’heure, l’unité est en cours d’aménagement sur un hectare, avec pour objectif de produire des plants certifiés avec une productivité élevée.
Dans sa localité, il a créé une véritable émulation chez les jeunes. Il y en a quatre de 25 à 28 ans qui lui ont emboîté le pas dans le développement de l’arganiculture et des cultures intercalaires. Grâce à l’irrigation collective à travers le puits creusé, ce sont ainsi 8 ha au total d’arganiers qui ont été plantés, accompagnés de cultures de légumes. Le tout générant des emplois et un engouement pour l’activité. Outre les jeunes de la localité, son parcours intéresse aussi beaucoup d’étudiants porteurs de projets qui souhaitent suivre son exemple.