« Les entreprises ne sont pas encore prêtes à accueillir des profils décalés »

Avis d’Expert : Ali Serhani, Directeur associé Gesper Services.

C’est le profil du siècle actuel. Ils sont hyperbranchés, conscients des enjeux de la planète – sous d’autres cieux -, aiment travailler en communauté dans un lieu sympa, etc. Ils sont désinhibés et cela est formidable car nous avons besoin de cette fraicheur manageriale et entrepreneuriale
Au Maroc, nous avons un grand problème de «perception». Généralement, l’entreprise n’est pas sur la même longueur d’onde qu’eux, bien qu’elle puisse se définir comme une entreprise où il fait bon vivre et travailler. Pour nous, la présence physique du salarié est indispensable, sans oublier qu’il y a un «dress code» que nous nous devons respecter. Quelle est cette entreprise qui accepterait de voir débarquer une sorte de jeune baba cool dans le style de Marc Zuckerberg? Venir en jeans troué, se la jouer cool… Ceci n’est pas encore rentré dans les mœurs de nos entreprises, déjà qu’elles ont du mal à accepter, dans la pratique, le «casual Friday». C’est dire…

Les millennials marocains vivent dans un temps qui, hélas, n’est pas celui de plusieurs de nos managers. Par conséquent, beaucoup d’entre eux préfèrent travailler en free-lance, ce qui leur permet d’éviter la présence physique et d’obéir à un «dress code», et à une hiérarchie d’un autre temps.
Toutefois, la chose la plus importante sur laquelle se fondent tous les managers avant de les recruter, même s’il travaillent à distance, est la confiance. En effet, comment confier des missions importantes à des personnes qui peuvent leur paraître vivre dans un autre monde?Vous voyez, c’est toujours un problème de perception.

Par ailleurs, les millennials marocains ne sont pas ceux des Etats-Unis, du Japon ou de l’Europe et c’est là que le facteur culturel joue. Malgré tout, ce qu’on peut leur faire comme reproches qui, pour moi, ne sont pas fondés, ils sont très intelligents, vont droit au but et sont très flexibles.

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