Et si on cherchait à mieux comprendre les millennials ?

C’est une génération très portée sur les technologies de la communication. Preuve en est son niveau d’équipement en mobile avec une préférence pour Samsung et IPhone.

Ils ont moins de 40 ans, sont très connectés à l’internet, refusent l’autorité, assument leurs différences, placent leur bien-être avant le travail, vivent dans leur bulle… Tous ces attributs et comportements sont collés aux personnes nées entre 1980 et 2000 regroupées par des sociologues dans la notion de génération Y. Cette lettre Y est choisie en référence à «Why» (pourquoi) pour marquer leur propension à remettre en cause les ordres ou pour en savoir plus sur une requête qui leur paraît superflue. D’autres sociologues, comme Neil Howe et William Strauss, ont préféré la notion de millennials. On les décrit aussi comme “Digital natives” dans la mesure où ils ont grandi avec Internet et le digital. Cette évolution technologique a particulièrement joué sur leur façon d’être, mais n’est pas décisive.

Comme leurs congénères des autres continents, les millennials marocains présentent toutes ces caractéristiques. Ont-ils pour autant le même état d’esprit et les mêmes rêves ? Regardent-ils leur société de manière identique ? Ont-ils les mêmes centres d’intérêts ? Il n’y avait pas d’études poussées pour comprendre cette génération. C’est pourquoi La Vie éco en a commandité une au cabinet VQ, dont les résultats peuvent surprendre.
Pourquoi ? Comme pour toute génération, une identité se construit autour des apports culturels reçus dès les premiers pas, les jeunes Marocains vivent leur époque. Néanmoins, ils ne sont pas les premiers à vouloir renverser la table. C’est une jeunesse en demande de plus de justice sociale, de transparence, qui réclame plus d’équité dans la vie professionnelle, mais qui a bien les pieds sur terre. Les valeurs culturelles comme la solidarité, le respect des anciens, la tolérance, le sens de la famille sont bien incrustées dans leur mémoire. Ils aiment leur pays et sont contents d’y vivre, quand bien même ils voudraient que ça aille bien.

Cet aperçu général n’obstrue en rien les particularismes qui peuvent inciter à considérer un Maroc à deux vitesses. Par exemple, sur bien des aspects, les jeunes de Tanger, Agadir, Fès et Marrakech marquent assez sensiblement leurs différences par rapport à ceux de Rabat et Casablanca.
En creusant un peu plus, on apprend également que les CSP A et B se rapprochent beaucoup plus de ce que l’on voit dans le monde. Ce qui conduit un commentateur à affirmer que dans le pays «la classe sociale est plus décisive que l’âge» dans la façon d’être et les idées.

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