Agro-business. Le plus grand incubateur du bassin méditerranéen en projet à Agadir

D’ici à 2020, l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, à Ait Melloul, accueillera un incubateur dédié aux projets d’agri-business. Une enveloppe de 50 MDH sera investie dans ce projet. Les détails.

Encourager l’émergence d’une nouvelle génération d’entreprises innovantes, créatrices de valeur ajoutée et de l’emploi, tel est l’objectif du projet de l’agro-business incubateur (ABI) en cours de réalisation au complexe horticole de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II à Ait Melloul (IAV). C’est un méga-chantier dans son environnement géographique. «Il est le plus grand du genre à l’échelle du bassin méditerranéen», précise Farid Lekjaa, directeur de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II à Ait Melloul dans la région d’Agadir. Ce sont 50MDH qui seront investis pour aménager et équiper cet établissement. Il devrait être opérationnel en 2020, précise le responsable. Sous la forme juridique d’un Groupement d’intérêt public (GIP), l’entité aura notamment pour mission d’accompagner la création et le développement d’entreprises innovantes via l’incubation.

Doctorants et lauréats des instituts d’enseignement agricole ciblés

C’est sur la base d’une étude, comprenant une analyse benchmarking des expériences réussies sous d’autres cieux, que les caractéristiques du modèle de l’agri incubateur marocain ont été arrêtées, est-il précisé dans une présentation du projet. A terme, l’ABI d’Agadir devra être un espace d’accueil et d’accompagnement de porteurs de projets innovants dans les domaines de l’agriculture et de la pêche maritime, issus ou s’appuyant sur les compétences d’une structure de recherche, est-il indiqué.
Ces porteurs de projets seront choisis parmi les doctorants, les parrainés de la profession dans la région Souss- Massa et les lauréats des instituts et écoles d’enseignement agricoles que seront choisis les futurs porteurs de projets de l’ABI, sur la base d’une démarche sélective en plusieurs étapes. La structure sera ainsi dédiée à la valorisation de leur recherche, à leur assistance, leur formation. Il s’agit ainsi de créer notamment une pépinière d’entreprise pour héberger et accompagner les entrepreneurs de projets innovants.
La démarche vise aussi de s’insérer dans le réseau d’acteurs qui interviennent à ce niveau-là, de manière à assurer le développement et la compétitivité des entreprises incubées. Dans cette approche, l’incubateur proposera aux entreprises incubées un accompagnement pluridisciplinaire et personnalisé à travers plusieurs prestations de services. Outre l’hébergement, il assurera la formation, l’encadrement technique, le coaching personnalisé, la mise en réseau et des services bureautiques et administratifs mutualisés. Il est aussi prévu de soutenir les porteurs de projets sur le plan financier, notamment les activités à fort potentiel de développement. «Le déploiement de ces différentes prestations tiendra compte du niveau de maturité de chaque projet le long du processus d’incubation», souligne Farid Lekjaa. L’objectif est d’en faire à terme des entreprises performantes et autonomes, ajoute-t-il. Dans cette dynamique, les ambitions des dirigeants du projet sont grandes. L’incubateur se fixe comme objectif d’accompagner annuellement une vague de 20 nouveaux projets innovants et de contribuer à la création de plus de 600 emplois à l’horizon 2025.

Cinq ans avant de sortir du cocon

Dans le processus d’accompagnement qui sera d’une durée de cinq ans, il est prévu tout d’abord d’assister les porteurs de projets dans l’élaboration de leur business plan, faire le suivi des démarches administratives de création d’entreprise en coordination avec le Centre régional d’investissement. Il s’agit aussi de prêter assistance pour le démarrage de l’activité sur le plan économique, juridique, stratégique et scientifique. Dans la phase développement, c’est, entre autres, en termes de coaching que se fera l’accompagnement des incubés de manière à favoriser leur autonomisation pour enfin mieux les préparer à leur nouvel environnement. Pour gérer tout ce dispositif d’accompagnement, quatre instances de pilotage seront créées, indique le directeur de l’IAV Agadir. Il s’agit d’un conseil d’administration, d’un comité de pilotage et de planification, d’un comité de sélection des candidats ainsi qu’un comité de suivi et d’évaluation. La finalité est de mobiliser les expertises nécessaires à même de proposer aux entreprises incubées un accompagnement pluridisciplinaire, ajoute le responsable du projet.