Une saison fleurie pour le MMVI

Le Musée Mohammed VI d’art Moderne et Contemporain vient d’annoncer une saison riche en expositions d’exception.

L’année 2019 sera riche. C’est ce qu’assure Mehdi Qotbi, le président de la Fondation des Musées. Il ajoute fièrement que plusieurs grandes institutions américaines, particulièrement le Metropolitan Museum of Art et le prestigieux MoMA, ont exprimé leur intérêt pour de possibles échanges et partenariats futurs avec le MMVI. Autant dire que le rayonnement de l’institution ne cesse de croître pour le grand plaisir des professionnels de la scène artistique au Maroc.
Pour continuer sur la lancée, qui a donné lieu à des expositions magistrales ces deux dernières années, le MMVI a établi un programme de choix, dans lequel il rend hommage à la scène artistique marocaine et africaine, en plus de la collaboration habituelle avec des institutions prestigieuses internationales qui offre au public marocain l’occasion unique de découvrir des trésors d’art, sans quitter le territoire.

Figure du figuratif

L’art marocain est au cœur de la mission du MMVI. Aussi, le musée s’attèle chaque saison à mettre en écrin l’œuvre de l’une des figures majeures de l’art au Maroc. Les plus récents hommages de l’institution ont été rendus à Ahmed Cherkaoui, figure incontournable de l’abstraction marocaine, ainsi qu’aux pionnières de l’expression artistique spontanée que furent Chaïbia Talal, Fatima Hassan et Radia Bent Lhoucine.
Cette année, le mois d’avril s’ouvrira sur une exposition magistrale de l’un des premiers peintres figuratifs du Maroc. L’exposition hommage «Le sel de ma terre», de l’artiste peintre Hassan El Glaoui, présente pas moins d’une centaine d’œuvres réalisées tout au long de sept décennies de travail ! L’exposition rétrospective donnera à voir une œuvre figurative d’une grande richesse et, surtout, d’une grande notoriété. L’artiste, qui expose dès 1950 à Paris et à New York dès 1951, a gravé sa signature grâce à ses tableaux équestres, des scènes vibrantes de fantasia ou cérémonies de la Bay’a, mais aussi dans une peinture plus intimiste, scènes d’intérieur et portraits, rarement exposée de son vivant.

L’impressionnisme à l’honneur

Tout comme on a eu droit à l’exposition «Face à Picasso» en partenariat avec le Musée Picasso de Paris, «De Goya à nos jours» avec Banco de España, ou encore «La Méditerranée et l’art moderne», avec le Centre Georges Pompidou, le MMVI nous ouvre cette année le Musée d’Orsay pour découvrir les chefs d’œuvres des couleurs de l’impressionnisme. C’est une collection extraordinaire connu dans le monde entier. Un parcours à travers l’époque et le courant impressionniste a été élaboré pour le musée, par les deux conservateurs du Musée d’Orsay, Paul Perrin et Sabine Cazenave. On y découvrira «la science des couleurs» développée par cette génération d’artistes de la deuxième moitié du XIXe siècle. Chacune des salles du musée traitera d’une couleur particulière, avec une explication pédagogique du mouvement pictural qui révolutionne l’art classique à l’époque.

Lumières d’Afriques

Le Musée MMVI continue également à encourager et à dynamiser la scène artistique africaine. Cette année et pour la première fois, 54 artistes venus de la totalité des pays du continent africain vont s’unir pour une exposition magistrale. Ils sont peintres, sculpteurs, photographes, vidéastes… Et pour eux, l’Afrique des lumières est une plateforme où se brassent les visions, les espoirs et les rêves. Née à l’initiative de deux passionnés, Gervanne et Matthias Leridon, collectionneurs passionnés, l’exposition nous donnera à voir les merveilles d’une création riche, complexe, contemporaine et attachée à ses racines.
Les deux initiateurs de l’exposition sont également engagés à travers le fonds de dotation African artists for development, créé en 2009 pour associer artistes contemporains et projets de développement durable.