Un quart de siècle pour le SIEL

Du 7 au 17 février, la 25e édition du Salon international de l’édition et du livre de Casablanca bat son plein. Au programme, des tables rondes, des présentations d’oeuvres, des lectures poétiques, des prix et des signatures sous le signe de l’altérité.

Cette année encore, le Salon international de l’édition et du livre enregistre un taux de participation exceptionnel, avec plus de 700 exposants issus de 40 pays. L’Espagne est le pays à l’honneur de la 25e édition, pour le bonheur des lecteurs hispanistes, dans toutes les langues. Dans le programme culturel du salon, on retrouve les rendez-vous habituels : des tables rondes et des rencontres diverses autour de l’écriture, la littérature, la mémoire, les cultures amazighe et hassanie, la poésie et la traduction. D’autres institutions affichent des programmes riches, autour de thèmes précis, comme celui de l’Afrique au stand de l’Institut français, la migration au CNDH ou la culture marocaine au-delà des frontières au CCME.

Le beau parcours

Rares sont ceux qui se rappellent des toutes premières éditions de cet évènement devenu au fil des ans l’une des destinations importantes du livre de par le monde. Mais l’on était certainement loin de l’organisation et de l’investissement titanesque dont jouit, aujourd’hui, le SIEL. En effet, en un quart de siècle d’existence, l’évènement, qui a parcouru du chemin, mérite célébration et reconnaissance, et bien que plusieurs paramètres restent à améliorer, il n’en est pas moins respectable.
Le Salon international de l’édition et du livre continue à être un carrefour de brassage populaire, où le lectorat rencontre l’intellectuel et où les curieux ne sont jamais à l’abri des idées qui fusent de micros invisibles. Comment y échapper quand pas moins de 350 intellectuels et écrivains se donnent la parole tout au long des dix jours de l’événement ? Pour plusieurs libraires installés en stand, même le public, qui se balade sans intention d’acheter, se familiarise avec les livres et en palpe la valeur et l’impact. Et ce ne sont pas les selfies et les stories pris sur place par les jeunes et les moins jeunes qui vont les contredire…

La littérature et la société

Qu’est-ce qu’un écrivain, un intellectuel, un philosophe si ce n’est le chroniqueur du quotidien ? Qu’il soit ordinaire ou extraordinaire, ce vécu partagé constitue la matière première, le point de départ et le pain béni de tous les façonneurs d’idées et de l’imaginaire. C’est de toute évidence que les invités du salon se sont emparé des grandes questions sociales, dont l’acuité et la gravité réclament attention et compréhension. Des tables rondes se sont consacrées à la jeunesse en manque de repères dans l’ère de la haute technologie, de la solitude du migrant dans un monde ultra-connecté, du leadership féminin grandissant et du devenir du patrimoine culturel matériel et immatériel du Maroc.
Le SIEL représente ainsi une plateforme rare, si ce n’est unique, de débat d’idées, à même de concerner et d’intéresser tout un chacun, pour peu que le grand public y accède. Malheureusement, les médias audiovisuels y brillent par leur absence, ou par une représentation bien faible, préférant aux paroles réfléchies de penseurs et de chercheurs, les accès polémistes et racoleurs de chroniqueurs à la mode. En attendant un éveil qui tarde à venir, le SIEL cumule des perles d’archives filmées dont personne ne profite…