Un œil sur la XVe édition du FIFM

Du 4 au 12 décembre, Marrakech brille sous les étoiles du Festival international du film. Retour sur l’activité d’une semaine très cinéma.

La quinzième édition du Festival international du film de Marrakech touche à sa fin. La cérémonie de clôture, prévue samedi 12 décembre, désignera le gagnant parmi les 15 films en lice pour l’Etoile d’or.

Les cinéphiles marrakchis ont pu, tout au long de la semaine, découvrir les films de la sélection officielle, les coups de cœur du festival ou encore le cinéma canadien, à l’honneur pour la présente édition. Des films-cultes des personnalités hommagées de l’année ont également été projetés. De quoi contenter la curiosité et les goûts du plus grand nombre. Au Palais des congrés, comme au cinéma Le Colisée ou encore à la Place Jamaa El Fna, le public était au rendez-vous.

Le parrain Coppola

Comme chaque édition, le choix du jury est primordial pour garantir la qualité de l’appréciation des œuvres. La présidence du jury assurée par Francis Ford Coppola atteste de la qualité et de la notoriété du festival. Dans la conférence de presse donnée avant le lancement de la sélection officielle, il a exprimé à propos de sa participation au festival en rappelant ses origines multi-ethniques et son amour incommensurable pour la culture arabo-musulmane, ainsi que pour le Maroc qu’il connaît depuis longtemps et pour lequel il a un profond respect et un grand attachement. Dans ses réponses émanaient beaucoup de sagesse à propos de sujets autour du cinéma et ses rapports à l’actualité internationale, ainsi qu’à la quasi-absence de cinéastes femmes dans les sélections des plus grands festivals de cinéma au monde. Pour FF Coppola, le cinéma ne dispose pas d’assez de liberté pour changer le monde.

A ses côtés, des noms connus dans le cinéma mondial ont pris la parole pour étayer les propos du président et pour s’engager à faire le meilleur choix possible, chacun depuis son profil et la tradition cinématographique à laquelle il appartient. Car, rappelons-le, le jury de la quinzième édition du FIFM est constitué du comédien et réalisateur italien Sergio Castellitto, de la comédienne indienne Richa Chadda, du réalisateur et photographe hollandais Anton Corbijn, du réalisateur et  scénariste français Jean-Pierre Jeunet, de la réalisatrice et scénariste japonaise Naomi Kawase, de la comédienne ukrainienne Olga Kurylenko, du comédien franco-tunisien Sami Bouajila et de la marocaine Amal Ayouch. Une richesse qui ne peut qu’être au service du festival, pour lui assurer le meilleur choix possible.

Films d’ici et d’ailleurs

Tout comme le jury, la sélection officielle de la quinzième édition du FIFM se caractérise par une grande diversité. Du Japon au Mexique, en passant par les États-Unis, l’Allemagne, le Brésil, le Liban ou le Kazakhstan, les films transportent le spectateur dans des univers éloignés aussi bien géographiquement que culturellement. Pour rappel, la majorité des créations sont des premiers ou seconds films. Un choix stratégique qui s’inscrit dans une volonté d’encourager les jeunes créateurs. Parmi les plus marquants, le film sud-coréen qui a inauguré la sélection. Steel Flower est une ode à l’humanité dans un environnement cruel. Lorsqu’une femme-enfant sans abri lutte contre la misère par des pas de claquettes. Le film américain Cop Car sort également du lot, grâce à un Kevin Bacon qui crève l’écran et deux enfants très convaincants en fugueurs innocents. La touche iranienne a brillé dans Paradise et le cinéma mexicain dans Desierto. Le cinéma marocain a été représenté dans la sélection officielle par Insoumise, production maroco-belge du réalisateur Jawad Rhalib. D’autres films marocains ont été présentés dans Les coups de cœur, comme La isla d’Ahmed Boulane ou encore Black de Adil El Arbi et Bilall Fallah. La marche verte de Youssef Britel a été présenté dans les films hors compétition.

Une belle brochure du cinéma canadien a été présentée toute la semaine, en présence d’une délégation importante de professionnels qui ont profité de leur présence au Maroc pour aller en visite-découverte des studios de Ouarzazate. Une action qui pourrait éventuellement inspirer les professionnels canadiens pour de prochaines productions au sud du Royaume.

Des hommages et des maîtres

Dicaprio, Sharon Stone, Susans Sarandon, Jeremy Irons, Viggo Mortensen, Sharu Khan, Adil Imam et bien d’autres ont déjà foulé le tapis rouge du Palais des congrès de Marrakech, afin de recevoir l’hommage du festival. Cette année encore, d’émouvantes rencontres ont pu avoir lieu avec des artistes célèbres. En premier lieu, Bill Murray a été applaudi pour sa longue carrière cinématographique, ainsi que pour les mots d’amour, de sollicitude et de fraternité qu’il a tenus à l’égard du peuple marocain et de l’humanité entière. L’hommage qui lui a été présenté par la réalisatrice Sofia Coppola a été suivi par la projection du film de Barry Levinson Rock the Casbah dans lequel il joue le rôle principal.

La star bollywoodienne Madhuri Dixit a également été plébiscitée par un large public qui scandait ses chansons. Son émotion forte, elle l’a exprimée par une danse improvisée sur la place Jamaa El Fna où s’agglutinaient des milliers de fans du cinéma indien.

Des hommages ont également été rendus au photographe Kamal Derkaoui et au réalisateur Park Chan-Wood qui donnait une masterclasse la veille, au même titre que Fatih Akin et Abbas Kiarostami. Un dernier hommage aura lieu ce soir, vendredi 11 décembre, sacrant le parcours brillant de la star américaine Willem Dafoe.