Site archéologique de Lixus : un lieu à faire découvrir aux touristes

Situé à quelques kilomètres de Larache, le site archéologique de 62 ha dont l’histoire date de 2500 ans a été mis en valeur. Un centre d’interprétation du patrimoine accompagne le site qu’on peut visiter grâce à un circuit bien défini.

Le site archéologique de Lixus, construit par les Phéniciens il y a 2500 ans sur une colline qui surplombe la ville de Larache et l’oued Loukkos, est enfin ouvert aux visiteurs.

Après sa mise en valeur, la création d’un circuit visiteur ainsi qu’un centre d’interprétation du patrimoine, Lixus a été inauguré samedi 20 avril en grande pompe par Mohamed El Aaraj, ministre de la culture, en présence de plusieurs personnalités. Après plusieurs années de fouilles, le site de 62 ha dont les ruines témoignent de la plus ancienne ville et civilisation retrouvée au Maroc, a désormais un aspect digne de son histoire et de la richesse de son patrimoine. Seulement 10% du site ont été explorés jusqu’ici.

Lixus a encore énormément de trésors à dévoiler. Mais de ce qu’on sait aujourd’hui, la ville antique a connu une succession de civilisations durant ses 2500 ans d’histoire. Elle est passée d’une ville phénicienne ouverte sur le commerce avec les Grecs puis les Romains durant l’époque maurétanienne à une colonie romaine quelques années après l’avènement du Christ.

En l’an 40 après Jésus-Christ, elle devient une colonie romaine et s’industrialise. Des maisons romaines seront détruites afin de réduire le cadre urbain. Lixus exporte durant cette époque du poisson salé de très bonne qualité apprécié par les riches romains. Des cuves de salaison de poisson et des dépôts témoignent encore de cette activité jadis florissante. Dès lors, sa population sera christianisée. En 440 environ, l’époque romaine laissera place à une période antique tardive et quelques siècles obscurs avant l’arrivée de l’Islam à partir de l’an 800.

Une mosquée y est bâtie en 1250

La ville portera, durant la période islamique, le nom de Tochommis. Le prince Idris Ibn Al Kacem y installera sa résidence. Une mosquée y verra le jour en 1250 avant que la ville ne soit complètement abandonnée vers 1350. Les premières recherches archéologiques seront entamées dès 1845 jusqu’en 1964 par des archéologues et chercheurs européens. L’Institut national des sciences de l’archéologie de Rabat (INSAP) commence à s’y intéresser en 1990. Ses recherches, en partenariat avec d’éminents archéologues, ont apporté de nouvelles observations et précisions chronologiques sur Lixus, levant le voile sur l’histoire d’ensembles monumentaux phares.

A titre d’exemple, le quartier des Temples est un complexe palatial et serait l’œuvre des règnes de Juba II et son fils Ptolémée, dernier roi de Maurétanie occidentale. Des fresques, des statuts et des objets anciens en provenance de Lixus sont exposés au Musée de l’histoire et des civilisations de Rabat et au Musée archéologique de Tétouan.

L’ouverture du site au public n’est pas une fin en soi. Une des finalités est de faire connaître l’histoire du pays, mais l’aspect économique est tout aussi important. Par conséquent, il est utile que le ministère du tourisme s’associe à la culture pour faire la promotion internationale de Lixus. Et pourquoi pas en faire une étape d’un circuit du nord ?