«On marche»… pour l’art et pour la danse

Le Festival «On marche» se déroule du 9 au 16 mars. Au menu de la 14e édition du Festival international de danse contemporaine de Marrakech, des performances scéniques, mais également des projections de films et des masterclass.

Marrakech se prépare à accueillir le printemps en dansant. C’est que le Festival international de danse contemporaine y a déjà posé les malles dès le 1er mars pour une série de masterclass qui se poursuivent jusqu’au 10 du mois. Il s’agit là de la toute première masterclass professionnelle de l’école de danse Nafass, fondée par l’inépuisable Taoufiq Izeddiou, président du festival «On marche». Cette première école d’art chorégraphique au Maroc est censée former la relève dans une discipline artistique peu connue au Maroc, mais dont les noms marocains s’illustrent à l’international. Un paradoxe bien marocain, mais qui n’empêche pas le chorégraphe et danseur Taoufiq Izeddiou de repousser les lignes pour gagner davantage d’espace pour l’art et pour la danse. Concrètement, le festival commence samedi 9 mars.

Tout un programme

Durant toute la semaine, le public est invité à se rendre sur les divers lieux du festival pour découvrir des chorégraphes et des spectacles de danse contemporaine qui font le tour du monde, mais également des conférences, des vernissages et des projections de films sur la danse. Entre le jardin Riad Laârouss, le Théâtre plein air, Riad Denise Masson, la Salle Leila Alaoui, le Palais des congrès, Dar Bellarej et Jamaâ Lefna, les rencontres nous feront parcourir le monde. En plus des spectacles de troupes locales, l’on découvrira des performances comme «En allant de l’ouest à l’est», de Susan Buirge, interprétée par Nicole Piazzon (Paris/New York), «Nitt100limits» de la Tunisienne Oumaïma Manaï, «Soul train» et «Déhanchés» du Group Berth de Nantes, le spectacle berlinois «Hybrid Territories» de Jasmin Ihraç et Juliana Piquero Rosenberg, «Identity n’a ngai I» de Jolie Ngemi du Kinshasa, «L’oubli» de Sylvain Groud avec Lauriane Madeleine et Julien Raso de Roubaix. La clôture aura lieu au Palais des congrès avec «L’haal», un spectacle du chorégraphe casablancais Khalid Benghrib.

Pour les amoureux de la danse, la Salle Leila Alaoui passera les films «Ma vie, c’est la danse» d’Ulrich Tegeder, «Le sacre du printemps» de Pina Bash et Pit Weyrich et «Infiniment la perte» de Hyacinthe Abdoulaye Tobio avec Cynthia Caubisens. Durant toute la durée du festival, des restitutions des ateliers de l’école Nafass donneront à voir les performances de la première promotion de l’institution.
Si la danse est un acte à la fois naturel et omniprésent dans l’histoire culturelle du Maroc, la danse contemporaine continue à être une mission ardue pour les professionnels. Et pour cause. Pour le commun des mortels, comme pour les institutions de tutelle.

Marche ou crève !

La danse est communément pratiquée dans le cadre d’accompagnement festif ou rituel. La danse contemporaine, elle, qui est une pratique artistique résultant d’une réflexion et d’une démarche créative, se heurte alors à une méconnaissance, voire une mésestime de sa portée. Elle demeure, de ce fait, le parent pauvre de la politique culturelle au Maroc.

La scène internationale ne cesse pourtant de saluer les noms marocains de la discipline. Des chorégraphes comme Meryem Jazouli, Khalid Benghrib, Taoufiq Izeddiou et d’autres ne cessent de secouer les planches des théâtres du monde, pour bouleverser les publics rompus au genre artistique. Pour Taoufiq Izeddiou, «le monde de la danse contemporaine est presque saturé, on n’y invente plus rien. S’il y a quelque nouveauté à apporter, ce sera grâce à l’émancipation des chorégraphes maghrébins, qui sont attendus sur ce terrain-là».

Le chorégraphe qui vient d’ébranler le prestigieux théâtre du Tarmac, avec son nouveau spectacle, «Botero en Orient», sait de quoi il parle. Le rapport au corps, dans tous ses aspects, constitue pour lui une matière première et un point de départ d’une création riche et prolixe. En attendant une reconnaissance et un soutien effectif de la discipline, il s’investit corps et âme dans l’école Nafass et bien d’autres projets parallèles, car, pour lui, arrêter de marcher, c’est mourir. Alors «On marche».