«Maintenant ou Jamel» : un Debbouz en forme

L’humoriste Jamel Debbouz s’est produit au Megarama de Casablanca, du 8 au 12 janvier. Son spectacle «Maintenant ou Jamel» a rempli la salle de fans, de rires et d’applaudissements.

Que c’était bon de revoir Jamel! Même s’il ne se fait pas rare, ce créatif en série, qui enchaîne les expériences aussi inattendues que variées, la dernière fois qu’il est monté sur scène remonte à très longtemps. A Casablanca, la ville qui a connu ses premiers pas dans le One man show, cela fait plus d’une dizaine d’années qu’il n’a pas honoré les planches.

«Maintenant ou Jamel» a donc fait salle comble chaque soirée du 8 au 12 janvier au Megarama. On a retrouvé son espièglerie habituelle, ses bafouillements feints et sa répartie terrassante, le tout doublé d’une présence qui a gagné en maturité et en assurance. Pour le coup, son retour était bel et bien triomphal. Difficile de savoir s’il y avait des mécontents. Les applaudissements tonnaient trop fort…

Jamel actuel

«Maintenant ou Jamel» a permis à l’humoriste de faire un retour sur l’évolution de sa vie durant son absence des planches. Même s’il n’est pas allé chercher loin son inspiration, la recette s’est avérée simple et efficace. Il nous a donc transportés dans les coulisses du «Marrakech du rire», qu’il organise avec un succès stable depuis huit ans. Pour raconter les déboires de l’organisation, il a soumis le «Marrakech du rire» à un audit allemand : brillant !
Autre sujet, tout aussi pratique, la famille a occupé une bonne partie du spectacle. Au menu, les rapports nouveaux de Jamel à la parentalité et le parallèle avec son enfance abracadabrante, qui lui vaut une séance de psychanalyse désopilante. Parler de ses enfants a permis à Jamel de glisser des messages sur l’acceptation de la différence, notamment concernant le genre et la mixité culturelle.
Pour le racisme, le résultat avait moins de succès. Dans un monde secoué par la haine et la xénophobie, il y avait peut-être davantage à discuter que les cheveux de Trump. Evoquer le racisme décomplexé désormais méritait vraiment d’être développé. «On est toujours le raciste de quelqu’un», a-t-il lancé dans la foulée : plutôt indulgent, mais assez humain après tout.

Plus vif que jamais

Si l’on s’attendait à un Jamel vieillissant et has been, l’on ne pouvait qu’être déçu. C’est un Debbouz franchement en forme qu’on a découvert dans ce spectacle. Il n’a pas dilapidé de son panache, ni sur les différentes manifestations humoristiques qu’il organise, ni sur les plateaux de tournage qu’il enchaîne. Il semble même s’en enrichir tant en termes de prestance que de performance.
Au niveau du texte, l’humoriste sert un plateau fait de mots d’esprits et d’humour burlesque, ce qui vaut l’alternance de fous-rires furieux et de sourires de délectation, dans un tableau inégal, mais étonnamment homogène. Et l’on ne s’ennuie pas dans «Maintenant ou Jamel». Sa trame est fluide, ses transitions sont bien menées et bien que le show soit souvent entrecoupé d’interactions avec le public, l’on ne décroche pas un instant. Car Jamel reste le maître de l’impro. L’humoriste n’a pas perdu de sa répartie ni de son mordant qui saisit au vol les mots lâchés dans le noir, pour les relancer en vannes dans le public. L’on rirait même si c’était préparé à l’avance et pour cela, merci Jamel !