Les Ateliers de l’Atlas : le rendez-vous désormais incontournable du FIFM

Le Festival international du film de Marrakech a achevé sa 17e édition par l’annonce de son palmarès, samedi 8 décembre. Parmi les nouveautés du FIFM, les Ateliers de l’Atlas ont constitué le rendez-vous inévitable des professionnels du cinéma.

Derrière les strasses et les paillettes, il y a du labeur, de la sueur et beaucoup de technicité que nous autres mortels ignorons. Pour rapprocher les professionnels du cinéma des techniques de pointe, mais aussi pour permettre des échanges entre professionnels internationaux et talents régionaux, le Festival international du film de Marrakech (FIFM)a pensé les Ateliers de l’Atlas, un programme industrie et développement de talents, entièrement dédiés au cinéma du Maroc, d’Afrique et du Moyen-Orient.

Quelque 200 professionnels ont été conviés à participer aux divers ateliers et tables rondes organisés du 2 au 5 au Beldi Country Club de Marrakech. Durant ces quatre jours, l’espace verdoyant s’est transformé en une plateforme créative et un espace interactif entre confrères, avec l’inestimable support de la plateforme Netflix, particulièrement intéressée par le développement du cinéma régional. La première édition des Ateliers de l’Atlas a sélectionné 14 projets de premier, second ou troisième longs métrages (fiction ou documentaire), dont 8 en développement et 6 films en postproduction, originaires de 9 pays.

Les talents émergents

Le but est de permettre aux réalisateurs de consulter des professionnels de toute la chaîne de production de film, afin d’aboutir au meilleur résultat possible. Yasmine Benkiran, dont le projet Queens est en développement, s’estime très chanceuse de pouvoir compter sur le support et l’aide de professionnels confirmés. Comme elle, les autres jeunes réalisateurs ont eu droit à des consultations en one to one et à des pitch en public. Les projets en postproduction, quant à eux, ont été présentés par scènes choisies.
Afin de consolider le soutien apporté aux divers projets, trois d’entre eux ont été spécialement salués et récompensés par les ateliers. Un prix au développement a récompensé le projet The Nights Sill Smell of gunpowder de Inadelso Cossa (Mozambique). Le Prix de la postproduction a été remis au film Kilomètres 60 de Hassen Ferhani (Algérie). Enfin, le Prix NAAS (Network of Alternative Arab Screens) à la circulation a été décerné au film The day I ate the fish de Aida Elkashef (Egypte).

Parler concret

Pour faire un film, il faut du talent, mais pas que… Toute une lourde industrie s’articule autour de l’idée première, afin de lui donner consistance et existence concrète. Plusieurs métiers s’y mêlent, depuis l’écriture du synopsis, jusqu’à la diffusion au grand écran. Les Ateliers de l’Atlas en ont pris compte dans la conception du programme de cette première édition. Les participants ont donc pu assister à divers présentations et discussions sur la circulation des films africains à l’international, ainsi que sur les publics du cinéma en Afrique. La musique de film a également été au centre des échanges, à travers la conversation entre Amine Bouhafa (compositeur) et Nadia Ben Rachid (monteuse), tous deux césarisés pour leur travail sur Timbuktu, suivie de la présentation de 6 compositeurs de musique prometteurs, tous issus d’Afrique et du Moyen-Orient.
D’autres workshops ont été réservés aux professionnels marocains, portant plus spécifiquement sur le rôle des vendeurs internationaux et sur le règlement et fonctionnement des fonds et festivals internationaux. Le réalisateur marocain Kamal Hachkar s’y est particulièrement intéressé au vu de ses fréquentes recherches de fonds pour la réalisation de ses documentaires.

L’initiative des Ateliers de l’Atlas vient couronner les efforts du Festival international du film de Marrakech, en permettant, non seulement de créer des ponts entre les professionnels du cinéma marocain avec leurs confrères en Afrique, au Moyen-Orient et dans le monde, mais également de soigner et de perfectionner des talents en devenir. L’on est loin des déjeuners de réalisateurs aux résultats limités. Chapeau !