Le tour du monde en 80 caftans

Sous le thème des «Trésors d’Ibn Battouta», la seizième édition de Caftan a été un fier succès. Le spectacle, tout en élégance et en paillettes, sera retransmis le 2 juin sur 2M.

Monika Krol massacre le français à la tronçonneuse mais on le lui pardonne très volontiers. Cette Polonaise est tellement belle qu’elle peut écorcher toutes les oreilles qu’elle veut, crénom de Zeus ! «C’est extraordinaire, un bonheur pour les yeux, ces tenues ! Je n’ai jamais vu autant de détails, de raffinement au centimètre carré. Dès qu’on prend un tout petit bout de tissu, on fait Ouaaaaah ! Et Dieu sait que c’est long, un caftan !», s’enflamme le renversant mannequin, vedette de la seizième édition de Caftan, avant d’entonner malicieusement : «Quand je me suis regardée dans le miroir pendant les essayages, je me suis dit : Ah ouais ! Maintenant, t’es une vraie princesse !». Je vous laisse imaginer la tête de l’être humain lambda qui, le fameux soir venu, voit soudain cette top model jaillir, éthérée et pleine de grâce, dans son majestueux caftan blanc et bleu ciel. A en crever ! A s’en damner, vous dis-je.

Un hommage à l’explorateur tangérois Ibn Battouta

Le 12 mai dernier au Palais des congrès de Marrakech, les «Oh !» et les «Ah !» ont éradiqué toute pensée, toute conversation rationnelle. Une fois de plus, l’émotion a triomphé et, pardonnez cette cascade de poncifs, les sens ont voyagé. Loin, très loin ! Le thème des «Trésors d’Ibn Battouta» a été respecté, c’est le moins que l’on puisse dire, tout au long de ce spectacle dont la direction artistique a été confiée à un Jaïs Zinoun décidément «bourré de talents», Myriam Jebbor, organisatrice en chef, n’en a pas fait des tonnes en le présentant.
«Notre événement transcende le simple défilé de mode, c’est un show à part entière que nous avons demandé à Jaïs de mettre sur pied», vante la directrice de publication de Femmes du Maroc. L’ancien danseur de ballet s’en est donc donné à cœur joie : musique et atmosphère Buddha Bar capiteuses, ensorcelantes, hiéroglyphes égyptiennes, pyramides aztèques, fleurs de lotus, caravanes de dromadaires en arrière-plan et, enfin, pour cadencer le défilé, des feux d’artifice chorégraphiques, des troupes folkloriques que Zinoun a fait venir de Géorgie, d’Inde, de Chine et j’en passe. Le temps d’une soirée, le spectateur se fait explorateur, il se lance mentalement sur les pas d’Ibn Battouta, s’imagine parcourant à son tour 120 000 kilomètres de terres inconnues et d’îles mystérieuses. «Les stylistes postulants ont reçu la même consigne que notre directeur artistique : en plus de leurs CV et books, nous leur avons demandé de nous faire rêver, voyager en nous fournissant trois croquis inspirés de la thématique de l’année», explique Myriam Jebbor. Verdict : sur deux cents candidatures, douze ont été retenues, celles de Kacem Sahl de Dar Oum Al Ghayet, Siham El Habti, Amina Bousayri, Romeo, Meriyem Boussikouk, Meriem Benamor, Raouh Abdellahanine, Cain Alleh El Batoul, Nisrine Bekkali, Meriem Belkhayat, Lahoucine Aït Lmahdi et Simohamed Lakhder. Les meilleurs !
Le 2 juin prochain sur 2M, vous le verrez de vos propres yeux.

Des coupes osées, des couleurs tantôt sages tantôt rugissantes

Comme chaque année, les coupes sont audacieuses et rompent résolument avec les canevas trop traditionnels. Exemple : des caftans s’échappent parfois des froufrous rappelant les costumes de danseuses de flamenco. Pour ce qui est des couleurs, comme partout dans l’univers de la mode, la tendance ce printemps – et cet été – est au pastel. Le podium de Caftan ressemble cette année à s’y méprendre à un rayon sucreries. Pour tous les goûts ! Aussi, vous en verrez défiler des caftans rose clair, vert eau, bleu dragée, jaune mimosa… Aux côtés de couleurs plus chatoyantes pour les beautés tapageuses : sur le podium, le rouge est carmin, le violet quasi électrique et le vert strident. Gageons qu’après la retransmission du défilé, vous dégainerez illico votre appareil photo pour montrer un ou deux de ces somptueux modèles à votre couturier !