Festival international de l’art vidéo de Casablanca: un événement en avance sur son temps

Pour cette édition, la réalité virtuelle est la star du festival. Nous nous sommes entretenus avec Majid Seddati, directeur artistique de cette manifestation alliant art, science et technologie, et grand passionné des arts numériques.

Le festival international de l’art vidéo de Casablanca (FIAV) va souffler sa 25ème bougie. Lors de cette édition de 2019, l’accent sera mis sur le transhumanisme. Organisé par la Faculté des lettres et des sciences humaines Ben M’Sik  de Casablanca, ce festival se tiendra dans plusieurs espaces de la capitale économique : l’Institut Français, le Studio des Arts Vivants, les galeries d’Art Marsam, Espace H2, entre autres, du 22 au 27 Avril. Des installations, expériences de réalité virtuelle 360 degrés, projets, conférences ainsi que Masterclass, entre autres activités, sont prévus. Nous avons rencontré Majid Seddati, directeur artistique de ce festival-ovni, puisque méconnu et non soutenu, pour nous expliquer, en trois questions, cet événement futuriste, qui va réunir plus de 50 artistes nationaux et internationaux.

LVE : Qu’est ce qui caractérise le festival international d’art vidéo de Casablanca ?

Majid Seddati : Ce qui caractérise ce festival, c’est que nous présentons toutes les créations relevant des arts numériques. Il n’est pas facile de définir ce que sont les arts numériques. En clair, à partir de ce qu’offrent l’outil numérique et les nouvelles technologies, les artistes créent de nouvelles disciplines : la réalité virtuelle dans la danse, à titre d’exemple. Ce qui permet, en outre, de démarquer ce festival d’art vidéo, c’est le fait qu’il suit et présente des projets très innovants. Pour cette édition, nous nous sommes focalisés sur la réalité virtuelle, la réalité augmentée et la réalité mixte. La pluridisciplinarité est aussi une des particularités de notre manifestation, puisqu’elle conjugue l’art, la science et la technologie, à travers des installations virtuelles et immersives, des performances audiovisuelles, du mapping, des spectacles de danses et des projections. En général, tout ce qui a un rapport avec le numérique est présent lors de ce festival.

Quels sont vos défis, ou encore les difficultés, pour l’organisation de ce festival ?

Les défis sont clairs : les moyens. Mais, si un jour les partenaires arrivent à faire confiance à ce festival, en y investissant, nous sommes certains que nous allons faire des miracles. Ils n’investissent pas dans ce festival parce que, peut-être, nous sommes en avance sur notre temps. Ou, peut-être, nous présentons des créations qu’ils ne comprennent toujours pas. Quand nous nous adressons aux partenaires pour expliquer ce qu’est la réalité augmentée, ils ne comprennent pas. Or, avec la forte présence des nouvelles technologies dans nos vies, le monde, qui nous entoure, a changé. Peut-être qu’un jour, ils comprendront. Pour qu’ils puissent saisir ce que nous faisons, ils doivent, dans un premier temps, venir découvrir ce que nous offrons et présentons au public. A ce moment-là, nous leur présenter onsles artistes et les créations. Ce qui manque, aujourd’hui, c’est le dialogue.

Votre programme est chargé. Comment faites-vous pour le construire ?

Ce programme me prend 8 mois de travail. Pendant toute l’année, je fais des recherches dans les multiples disciplines des arts numériques. Aussi, je voyage beaucoup pour rencontrer des artistes dans le monde entier, dans l’objectif de voir ce qui se passe sur la scène internationale. Nous lançons, de plus, un appel à candidatures, qui nous permet de recevoir énormément de projets. Ensuite, nous commençons à penser le concept de l’édition. Pour celle de 2019, nous allons aborder le tran-humanisme, qui est un sujet d’actualité, car les adeptes de ce courant intellectuel sont en train de réfléchir sur des questions relatives à l’amélioration des performances humaines.