Chefchaouen fait son cinéma

La quatrième édition du Festival international du film pour l’enfance et la jeunesse de Chefchaouen aura lieu du 9 au 13 septembre prochain. Un programme riche et des invités de marque sont attendus.

La rentrée scolaire dans la ville de Chefchaouen sera particulièrement éclatante et sa jeunesse plutôt choyée par un événement qui leur est dédié. Le Festival du film de Chefchaouen, consacré à l’enfance et à la jeunesse, accueille de nombreux artistes, dont des stars mondialement connues, pour une édition des plus prometteuses. L’invité de marque, l’acteur et réalisateur Antonio Banderas, est attendu à l’ouverture. «Antonio Banderas est depuis toujours amoureux de la culture arabe-andalouse. D’où son film sur Boabdil, alias Abou Abdullah Mohammed, dernier roi musulman d’Andalousie. Mais ce que la majorité ignore, c’est qu’il a tourné 25% des séquences de son premier succès Bajarse Al moro à Chefchaouen», nous confie Tarik Boubker, fondateur et directeur du festival.

Chefchaouen «l’internationale» ?

Si le festival n’en est qu’à sa quatrième édition, il semble attirer beaucoup de monde. La précédente édition aura accueilli 120 invités, dont des réalisateurs, des acteurs, des critiques et des journalistes. En outre, la compétition officielle du festival comprendra 24 films, contre 12 l’année dernière. Les films proviennent de France, d’Espagne, du Royaume-Uni, du Canada, des États-Unis, d’Argentine, du Brésil, d’Egypte, de Palestine, d’Iran, de Russie et de Chine. Le Maroc sera présenté par The last supper d’Abdellah Erkaina.

Le jury de la 4e édition sera présidé par l’acteur marocain Mohamed Khouyi, qui évaluera les œuvres en compétition aux côtés de la réalisatrice et productrice syrienne Soulafa Hijazi, qui n’est autre que la fondatrice de la chaîne Spacetoon, le producteur Francisco Lomeña, l’expert culturel du ministère qatari, Walid Elhaditi et l’acteur et critique marocain Anas Akil. En parallèle à la compétition, des master class sont prévues en collaboration avec la Faculté des beaux arts de Grenade. Le programme de la quatrième édition est également très riche en conférences.

L’hommage du festival sera rendu à l’actrice marocaine Touria Alaoui et au grand Samy Clarck qui n’est autre que la voix des chansons de cartoon qui a accompagné notre enfance.

Jeune, mais ambitieux

Certes, la ville de Chefchaouen a été désignée comme «amie des enfants» par l’UNICEF. Mais le festival nourrit d’autres ambitions. Chefchaouen nouveau studio international ? «Pourquoi pas. Nous organisons une conférence en ce sens avec des investisseurs de renom, tels que l’Espagnol Francisco Lomeña, propriétaire d’une ville du cinéma. Si Ouarzazate séduit par ses paysages désertiques, nous pensons que Chefchaouen a plein d’atouts pour attirer les productions étrangères. Aussi bien la ville, à la beauté unique, que la nature environnante se prêtent à des productions internationales, comme Twilight par exemple», explique l’ambitieux Tarik Boubker. Si l’objectif semble présomptueux, ce n’est ni la passion ni la bonne volonté qui manquent aux organisateurs. D’ailleurs, l’équipe du festival est faite à 100% d’amateurs. D’abord de cinéma, mais également de cette ville enchanteresse. Un amour qui justifie le travail admirable réalisé avec peu ou presque pas de moyens. «Nous ne sommes même pas au quart du budget nécessaire. Mais nous ne baissons pas les bras, car on sait que l’avenir nous donnera raison», répond M. Boubker qui ne se décourage pas de si peu…