«Nod T9ra» : du soleil, des livres, du fun !

Après un premier dimanche de lecture le 29 avril dernier, le collectif «Nod T9ra» compte remettre ça très vite. Ambiance.

Dimanche. 10 heures. Je me lève, les cheveux en pétard, la tête dans le brouillard. Réflexe 2.0, je me «login» dans tous les réseaux sociaux. Et c’est au détour d’un bip de message qu’un ami me dit «On se voit f sahet lehmam had leâchia ?». Allez hop ! J’embarque un pavé de Murakami qui trainait au fond d’un sac. 17 heures. J’arrive  à destination, et l’endroit me semble… normal. Puis je les vois, ces révoltés du livre, ponctuels et très sagement installés un peu partout, à bouquiner, en silence. Le Petit Prince de St Exupéry en darija, Madame Bovary, du Sartre, du Guillon, des polars, des poèmes, des pièces théâtrales et même des BD. Palme de l’original décerné à un «Mein Kampf» franchement assumé ! Entre les guerraba et les pigeons, sourires tout en complicité et discrétion s’échangent. Comme pour se dire «Ah, toi tu lis ça ? Moi je préfère ça». Autant de différences de choix littéraires que de profils : des jeunes, des moins jeunes, quelques enfants, des «intellos», des mélomanes, et des très scientifiques… Des gens de la vraie vie, quoi !

Lire, seulement !

Puis, j’ai rencontré ce gars, l’un des trois mousquetaires organisateurs de l’évènement, un certain Amine Belghazi, devant qui s’évanouissent toutes mes appréhensions idéologiques. «On s’est rencontré il y a juste une semaine, et on a créé ce petit collectif. L’objectif, c’est de faire du livre quelque chose de “démocratique”, si on peut dire. Beaucoup plus ancré dans les habitudes des Marocains, parce que le constat est là : le livre est très absent dans les foyers marocains. Créer un espace d’échange et de partage pour les passionnés de lecture, et peut-être titiller la curiosité et attirer les autres». Zéro engagement politique, alors ? «C’est à la base apolitique, areligieux. On ne veut aucunement véhiculer des idées, rentrer dans un jeu de manipulation quelconque. On veut “juste” que le livre soit disponible et que la lecture se démocratise». Alors pourquoi la place Mohammed V ? L’histoire ? Le patrimoine ? La révolte ? Ah non, uniquement une question logistique : «C’est spacieux, il y a assez d’espace pour tout le monde. On peut y recevoir même des milliers de personnes», me répond Bilal Mousjid, un autre mousquetaire, armé d’un Sartre. Des milliers, c’est ce qu’il espérait voir ? Même pas. «Personnellement, je m’attendais à voir une centaine de personnes, mais là je pense qu’il y en a plus». Oui, plus ! Plus de 250 personnes ont répondu présent à l’initiative. Sans oublier les 850 abonnés absents de la page Facebook. Et le dernier mot pour Amine, sur son  ton menaçant d’ours (en peluche), les mirettes pleines d’espoir : «Ce n’est qu’un début !». Du soleil, des livres, du fun. C’est tout !