«Mustapha fait son slam pour Ray»

Torturé et sauvagement maltraité, Ray, un chien bà¢tard retrouvé presque mort, suscite l’émoi sur les médias et réseaux sociaux. Mustapha le slameur y va de son art, pour Ray et pour les autres…

Vous avez écrit un slam pour les animaux. Quelle mouche vous a-t-elle donc piqué ? 

Chaque animal est auréolé d’une part humaine (loyale, serviable, fidèle) qui échappe souvent aux humains eux-mêmes. Des fois, on a presque honte d’appartenir à notre espèce. J’ai écris ce texte surtout pour nous, pour rendre compte de nos actes horribles de cruauté, du mal qui ne cesse de s’accroître dans ce monde à cause de nous, humains.

Ce texte est plein de compassion pour l’être vivant en général. Reflète-t-il un penchant politique écolo ?

Nous vivons dans la société de consommation et nous sommes rongés par les idées du progrès et de la super mondialisation, ce qui engendre une crise à la fois économique, sociale et politique. Voire une crise des valeurs qui nous déshumanise. J’aurai bien aimé appartenir à un mouvement Vert mais les seuls verts qui font fureur dans mon pays sont le Raja de Casablanca (sourire)

À travers ce texte, on lit en filigrane beaucoup d’amertume quant à l’éducation des gens et leur mépris d’autrui. Y a-t-il un message derrière ?

Entre les lignes, oui!  Car, afin de faire évoluer les mentalités et faire transcender les différences, nous avons besoin d’une éducation de qualité. C’est la seule arme puissante contre l’ignorance dévastatrice. Certes, c’est un idéal, mais il faut militer pour faire progresser la dignité humaine.

Pensez-vous pouvoir toucher les gens grâce à ce texte, dans toute cette mélasse socio-économique dans laquelle on patauge ?

Le ‘‘slam’’ comme son nom l’indique en anglais signifie une «gifle» (je ne cherche pas qu’à “toucher’’ à travers mes écrits) qui, j’espère, pourra réveiller des consciences afin que les lois changent et cessent de considérer les animaux comme un bien ou un meuble, que l’animal soit traité comme un être vivant et sensible. 

Avez-vous participé à la marche pour Ray organisée le week-end dernier ?

Non sincèrement, je n’en ai pas eu l’occasion, vu mes engagements professionnels et le fait aussi que j’habite hors Casablanca.