Agadir : Le Cinéma Sahara menacé de démolition

‘’Touche pas à mon cinéma ! ’’ Depuis que l’information confirmée de la vente du cinéma Sahara par ses propriétaires circule dans la ville d’Agadir, la société civile multiplie les actions, pour éviter sa destruction et l’implantation éventuelle à sa place d’un projet immobilier.

 L’établissement fait partie du patrimoine des premières étapes de la reconstruction d’Agadir après le tremblement de terre d’Agadir en 1960. Il constitue ainsi dans la station balnéaire un édifice auquel les gadiris de souche tiennent beaucoup. Et ce même si la salle de cinéma, une des plus anciennes et parmi les dernières de la ville, a fermé ses portes depuis des années.
Situé au quartier Talborjt où la valeur du foncier ne cesse de grimper eu égard à l’absence de foncier, le terrain du cinéma Sahara est d’une superficie de 625 m² disposant de trois façades. Selon les experts en affaires immobilières, le prix du m² dans la zone est de 12500 DH avec la possibilité de réaliser des constructions en R+2 et des commerces en Rez-de chaussée. Ces éléments et sa localité sont autant d’atouts qui font que le bâtiment ne devrait pas manquer d’acquéreur avec le risque d’être rayé de la carte du quartier.
Pour l’heure, la seule manière que la société civile d’Agadir a trouvé pour éviter la vente à un promoteur immobilier de cet édifice, c’est une pétition signée jusqu’à présent par plus de 700 personnes. L’acquisition du cinéma Sahara par la Commune urbaine pour en faire un établissement à vocation culturelle, c’est ce que demandent les gadiris à leurs élus dans cette pétition. Les représentants du Conseil communal se sont dits plutôt favorables à cette demande. Ils disent cependant vouloir en discuter avant toute action.
L’affaire du cinéma Sahara n’est pas sans rappeler le dossier quasi-similaire du cinéma Salam. Cet établissement (près de 3.000m2) considéré comme la mémoire de la ville a  été acquis il y a plus de dix ans par un promoteur immobilier pour y aménager  un complexe immobilier. Mais le projet envisagé auquel le précédent conseil communal avait opposé son veto suite aux pressions de la société civile n’a pas vu le jour. Aujourd’hui, le bâtiment est une construction délabrée où se donnent rendez-vous les délinquants et clochards et on continue à se demander qui sauvera cet édifice qui fait partie du patrimoine historique de la ville.
Depuis quinze ans, les élus de la ville parlent de classement des bâtiments de la première étape de la reconstruction et de préparation de dossiers pour une reconnaissance de ces monuments par l’Unesco comme patrimoine de l’humanité. Mais les années passent et rien n’est fait pour protéger la mémoire collective d’Agadir. Certes, un zoning de protection a été établi. Mais depuis plus rien à ce sujet. Cette situation inquiète la société civile et mesure l’urgence encore une fois de réactiver le dossier de préservation du patrimoine architectural de la ville.