Petit rappel des règles de droit

Nous vivons dans un Etat de droit, où les lois et règlements doivent être respectés, si l’on veut voir notre pays continuer à progresser. La Police n’intervient jamais par hasard ou pour rompre l’ennui. Les ordres viennent des chefs hiérarchiques (préfet de police, commissaires, inspecteurs…), lesquels reçoivent des instructions précises des procureurs du Roi.

Pour paraphraser une célèbre émission télé, disons que «tout le monde en parle», en a parlé, et continue d’en parler. Il s’agit, vous l’avez deviné, de l’émotion quasi nationale, suscitée par l’arrestation des deux jeunes musiciens qui se produisaient au centre-ville, et qui a déclenché mille et un commentaires. Pour les uns, «c’est l’Art» qu’on assassine. Pour les autres, c’est une atteinte, pêle-mêle, à la liberté d’expression, à l’art, et aux libertés individuelles. Toutes ces remarques auraient pu être pertinentes et recevables…, sauf qu’elles ne le sont point, en fait.

Petit rappel des règles de droit. D’abord, il faut savoir que si la rue est un espace public, elle n’en est pas moins régie par des lois quasi universelles. Son but premier est de permettre et de faciliter la circulation des citoyens dans leur vie quotidienne, aller au travail, emmener les enfants à l’école ou faire des courses. Ce n’est pas un endroit où l’on s’arrête fréquemment, sinon pour entrer dans un commerce ou autre. Et donc les législateurs de par le monde ont créé le délit d’attroupement non autorisé, ce que les citoyens ignorent dans leur grande majorité.

Ainsi, moi, vous, avec trois collègues de travail allons nous arrêter sur un trottoir pour tailler une bavette…c’est en théorie interdit, mais l’Etat applique beaucoup de tolérance pour ne pas asphyxier ses citoyens. Et des musiciens qui se produisent dans la rue créent un attroupement, chose que les autorités craignent par peur des attentats. Sans compter que ce genre de regroupement attire des pickpockets, des harceleurs ou autres délinquants mineurs.

Ensuite, la rue n’est pas une jungle, où chacun peut faire ce que bon lui semble, car il est libre, et évolue dans sa cité. Au contraire, puisque dans chaque artère il y a des commerces, des bureaux et toute une activité économique, essentielle pour le développement du pays.

Si on veut faire de la musique, comme dans les grandes villes européennes, on se rend à l’un des endroits dédiés à cette activité. A Paris, cela se déroule en général au Forum des Halles, ou dans les rues piétonnes du bd. Saint-Michel, quartiers à vocation essentiellement touristique.

Enfin, nous vivons dans un Etat de droit, où les lois et règlements doivent être respectés, si l’on veut voir notre pays continuer à progresser. La police n’intervient jamais par hasard ou pour rompre l’ennui. Les ordres viennent des chefs hiérarchiques (préfet de police, commissaires, inspecteurs et agents), lesquels reçoivent des instructions précises des procureurs du Roi. Alors, posons-nous quelques questions, à toutes fins utiles. Pour se produire dans la rue, qui est donc un espace public, il faut une autorisation spéciale, délivrée par les autorités locales qui , par exemple, fixeront l’endroit des prestations, vérifieront qu’aucune installation pérenne n’est en place (par exemple d’immenses amplificateurs, qu’on recouvre d’une bâche le soir, après les avoir cadenassés, pour ne pas avoir à les transporter chaque matin), contrôleront les niveaux sonores , et se préoccuperont des incidences sur le voisinage. Ces jeunes avaient-ils cette autorisation ? Par exemple, on relève que ces jeunes musiciens se produisaient à un endroit précis… qui n’est pas spécialement un endroit de fête et de loisirs, mais le centre névralgique de la capitale économique. Ces musiciens sont certes charmants : je les ai moi-même souvent entendu «massacrer» des standards du rock, comme le célèbre «Hôtel California» ou autres. Et l’on peut comprendre l’agacement des multiples employés, fonctionnaires ou membres de profession libérale, qui ont leurs fenêtres donnant sur la place, et se retrouvent condamnés à subir toute la sainte journée une musique et des interprétations approximatives.

Il faut donc se garder de vite critiquer, sous l’émotion qui peut être ressentie, en gardant à l’esprit que les lois votées par les représentants de la Nation doivent être scrupuleusement appliquées.