Sécurité et sûreté en Afrique: la lecture de la DGSN

Aux côtés des acteurs privés opérant dans le domaine de la sécurité et de la sûreté, la Direction Générale de Sûreté Nationale (DGSN) a livré, ce mardi 19 Février 2019, sa perception de la menace terroriste qu’encourent certains pays africains et son évaluation des nouvelles tendances terroristes.

Organisé à Rabat du 19 au 21 Février, pour la première fois, le salon « africain 100% technologique dédié à la sécurité et à la sûreté » a connu, entre autres, une intervention de la DGSN au sujet de la menace terroriste qui plane sur les pays africains ainsi que les principes directeurs de la stratégie marocaine pour lutter contre les groupes terroristes.

C’est Hicham Benkhadra, commissaire principal, qui a représenté la DGSN au salon de la sécurité et la sûreté. Son intervention a porté sur la traçabilité des groupes terroristes menaçant la stabilité de certains pays du continent. Plus précisément, l’Afrique du Nord, le Sahel et l’Afrique de l’Est.

Une menace qui ne cesse de prendre de l’ampleur, notamment « suite à la défaite de Daesh en Syrie« , a contextualisé le commissaire. Après avoir perdu la guerre sur le terrain syrien, « ses combattants ont commencé à se rendre soit dans leurs pays d’origine soit dans certaines zones propices à leurs activités terroristes« , a-t-il précisé.

Selon lui, « le danger de ces retours réside dans le fait que ces combattants sont dotés de connaissances pointues tant en matière d’armement que de communication « . Car, poursuit-il, ils ont été formés par « d’anciens militaires et agents des services de sécurités Irakiens ».

Il n’y a pas que les revenants de Daesh qui constituent un danger sur certaines zones vulnérables en Afrique. D’autres groupes le sont également.  » Les Shebab somaliens, qui ont prêté allégeance à Al Qaida, ont des moyens qui leur permettent d’envahir des bases militaires, à savoir un cinquième du territoire somalien et bénéficient du soutien de la population locale à qui, le groupe terroriste offre des services : la santé et la nourriture « , a-t-il expliqué.

D’autres zones sont soumises à la menace terroriste : le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, qui selon l’expert, est « le fief du trafic de la drogue, générant des profits colossaux, bénéficiant aux groupes terroristes de la région, à savoir l’AQMI« . Cette zone de l’Afrique est connue également par la « présence des réseaux de criminalité, où les groupes terroristes sécurisent les itinéraires aux cartels latino-américains, et se font payer dans un objectif d’armement » a indiqué le commissaire.

« Certains pays africains n’ont pas les moyens pour lutter contre la menace terroriste« , a constaté le commissaire. Dans ce sens, il a tenu a partagé avec les présents, venus en grande partie de l’Afrique subsaharienne, les principes directeurs de la stratégie marocaine en matière de lutte contre la menace terroriste. « La stratégie marocaine est basée sur l’anticipation, la coordination, la continuité ainsi que la formation des cadres« , a-t-il énuméré. Et d’ajouter que « sur le plan opérationnel, la stratégie consiste à se focaliser sur la détection des cellules dès leur naissance, notamment sur les réseaux sociaux« .

Pour que la stratégie puisse fonctionner, il faut réunir  » stabilité politique et le développement socio-économique mais surtout réforme du champ religieux, en vue de barrer la route aux recruteurs », a-t-il préconisé.