Reprise de la pêche au poulpe

La nouvelle saison de pêche au poulpe a démarré le samedi 5 janvier et se poursuivra jusqu’au 31 mars 2019. Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime a fixé pour cette campagne un quota de capture de 18.000 tonnes de poulpe.

Ce quota est réparti entre trois segments: hauturier (11340 tonnes), côtier (1980 tonnes) et artisanal de Dakhla (4680 tonnes). En outre un quota total de 1500 tonnes est accordé à la zone de Aftissat, Boujdour centre et Sidi l’Ghazi, est-il indiqué.

Dans un souci de préservation de la ressource, la décision ministérielle fixant les conditions de la reprise de l’activité de la pêche au poulpe dans le Sud du Royaume, souligne dans son article 23 l’interdiction d’utilisation de chalut de pêche de fond à grande ouverture verticale. Cette mesure a été prise suite aux dernières évaluations de l’état de la ressource effectuées par l’Institut national de recherche halieutique (INRH), présentées en décembre dernier lors du dernier comité de suivi de la pêcherie poulpière.

En effet, c’est une des recommandations énoncées par l’établissement, ‘’en raison de la capacité et efficacité de ce chalut à opérer et pêcher sur les fonds rocheux et donc son aptitude à détruire le fond marin’’, est-il indiqué dans le rapport d’évaluation de l’INRH.

Ces conclusions font suite aux expérimentations réalisées avec cet engin en question par un navire de recherche dans des conditions identiques à celles des navires utilisateurs.

Cette disposition a tout d’abord suscité des réactions dans le milieu de la profession. Mais les armateurs étant partagés sur la question ont finalement décidé de reprendre l’activité à la date fixée en se conformant aux dispositions en vigueur. Ceux utilisant les engins prohibés s’en sont débarrassés auparavant, sous le contrôle de la Délégation des Pêches maritimes du port d’Agadir. Outre l’interdiction de l’engin de pêche en question, le département de tutelle souligne dans ce même article que l’introduction de tout nouveau chalut outre que le chalut classique ne peut se faire qu’après avis et accords préalables de l’administration.

Pour rappel, il y a quelques années le poulpe avait connu une période de crise. Grâce à une stratégie basée sur une gestion rationnelle de la ressource, la filière a réussi à se redresser. Aujourd’hui, la surveillance de l’état de la ressource se poursuit. Dans son dernier rapport d’évaluation, suites aux prospections réalisées par le navire de recherche Charif Al Idrissi, l’INRH préconise de suivre étroitement les débarquements des juvéniles et limiter les rejets en mer. L’établissement souligne aussi l’intérêt de mettre en place des mesures adaptatives de préservation des juvéniles. Et ce à travers le renforcement de contrôle, l’installation d’un système d’observation continue des opérations de pêche et la communication des données en temps réel.

A noter qu’en 2018, les captures se sont élevées à 35.000 tonnes contre 45.000 en 2017 et 49.000 en 2016.