L’écosystème Boeing va doubler les exportations et les emplois du secteur

Pour Boeing, ce contrat est le résultat de la convergence entre ses exigences opérationnelles et les avantages qu’offre la plateforme Maroc.

L’industrie aéronautique au Maroc entame un nouveau palier de croissance. Un protocole d’accord entre l’Etat marocain et l’avionneur Boeing a été signé le 27 septembre à Tanger, sous la présidence de SM Mohammed VI, pour la création d’un écosystème d’équipementiers aéronautiques. Cet écosystème d’envergure mené par le géant mondial Boeing générera un chiffre d’affaires annuel supplémentaire à l’export d’un milliard de dollars, entraînera l’implantation de 120 nouveaux fournisseurs du constructeur et permettra la création de 8 700 nouveaux emplois spécialisés. Cela reviendra à multiplier par 2 la taille du secteur. Pour couvrir les besoins en formation de son écosystème, des programmes spécialement conçus par Boeing seront implémentés.

Avec la constitution de cet écosystème et la présence de 121 acteurs de renom (contre 10 en 2001), le Royaume qui se place au 15e rang mondial en termes d’IDE aéronautiques (chiffres de 2009 à 2015), intègre le cercle très fermé des pays opérant dans l’industrie aéronautique. «L’écosystème locomotive Boeing sera à l’aéronautique ce que les écosystèmes locomotives Renault et PSA sont à l’automobile : un véritable accélérateur qui changera le paysage de cette industrie», schématise Moulay Hafid Elalamy, ministre du commerce et de l’industrie. Pour lui, la réussite dans l’automobile parle beaucoup aux investisseurs étrangers, notamment avec la fabrication annoncée de moteurs PSA.

Il faut dire que le choix de Boeing constitue une preuve de confiance renouvelée dans la plateforme Maroc. L’avionneur ayant déjà choisi le Maroc à travers son association avec RAM et Safran en 2001 pour créer l’usine Matis, il opte de nouveau aujourd’hui pour le Royaume et franchit une nouvelle étape, beaucoup plus importante, en construisant cet écosystème.

Pour Boeing, ce contrat est le résultat de la convergence entre ses exigences opérationnelles et les avantages qu’offre la plateforme Maroc. Concrètement, le nouvel écosystème industriel qui sera situé à Midparc et probablement dans d’autres zones aéronautiques à l’avenir (la zone mitoyenne à l’aéroport de Fès est citée en tant qu’option) s’articulera autour de deux axes. En premier lieu la production, avec, d’une part, l’implantation de fournisseurs de rangs 1 et 2, et, d’autre part, le renforcement des usines existantes, par l’augmentation de leurs carnets de commandes avec de nouveaux métiers et de nouvelles technologies. Et en deuxième lieu, la formation, à travers notamment la mise en place de programmes de formation spécialement conçus par Boeing.

L’écosystème vient s’ajouter aux 4 déjà constitués, en l’occurrence les écosystèmes assemblage, ingénierie, câblage et systèmes intégrés, et maintenance, réparation & opérations.

Notons que Boeing vient de sceller pour la première fois un contrat exclusivement industriel avec un Etat et non lié à une commande publique (sans compensation industrielle). L’avionneur sous-traite environ 65% des composants de ses avions.