Casablanca: L’héritier Hermès remporte son procès contre 2M et le cinéaste Ulad Mohand

Selon l’AFP, la chaîne publique marocaine et le réalisateur franco-marocain Ulad Mohand viennent d’être condamnés aujourd’hui, par un tribunal de Casablanca, à  verser 80.000 dirhams de dédommagement à  l’un des héritiers d’Hermès, la célèbre maison de Luxe parisienne…

Hercule contre Hermès, le pitch…
L’objet du délit ? La diffusion au Maroc du documentaire « Hercule contre Hermès » réalisé par Mohand Ulad et diffusé par 2M. Pour rappel ou pour ceux qui ne l’auraient pas vu, ce film d’une durée de 52 minutes raconte les dix années de conflit qui ont opposées Hercule, un paysan marocain, et sa famille à leur voisin, Patrick Guerrand-Hermès, héritier de la célèbre famille. Celui-ci aurait acquis des terres en bordure d’une plage près d’Asilah en vue de construire un projet de haras, sans jamais parvenir à convaincre la famille de paysans de quitter les terres sur lesquelles elle vit et dont l’exploitation représente son seul moyen de subsistance. Pour parvenir à ses fins, l’ex-président de la fédération internationale aurait user de son influence pour que son projet de haras voit enfin le jour.

Le début d’une saga judiciaire
Mais pour le grand patron, hors de question de laisser passer cette accusation.  « J’ai simplement voulu protéger la côte à un moment où les terrains étaient peu chers, mais je n’ai jamais cherché à acheter des terrains sous la pression » explique-t-il.
S’en sont suivies une dizaine de plaintes déposées par Mr Guerrand-Hermès, contre le réalisateur et son producteur, dont la dernière a été déposée au mois de mars. Mr Guerrand-Hermès dénonce une atteinte au respect de sa privée et à l’image des ses biens. De son côté, son avocat explique que le film a « porté atteinte à l’honneur et la réputation » de son client et dénonce une « fiction », affirmant que le terrain en litige appartient juridiquement à son client « depuis 2002 ». Mr Guérant-Hermès, estime aussi faire l’objet d’un complot qui aurait transformé sa vie « en enfer », notamment « à cause du film ».

Du côté de la défense, on  répond que le documentaire, diffusé en octobre 2012 par 2M puis en mars 2013 par Arte, « n’attaquait nullement » l’intéressé. Contacté par l’AFP, Mohand Ulad avait réfuté avoir tourné un documentaire « partisan ». « Je ne comprends pas ces procès à répétition contre ma personne ou contre ce film. On en est maintenant à une dizaine », avait-il déploré. En effet, le cinéaste franco marocain avait déjà fait l’objet d’une plainte pour « diffamation » et « tentative de chantage » contre l’homme d’affaire français. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, le cinéaste affirmait alors avoir contacté l’homme d’affaires à plusieurs reprises pour lui permettre de donner son point de vue sur cette affaire, dans le cadre du documentaire, mais que celui-ci avait toujours refusé de s’exprimer.

La victoire d’Hermès sur Hercule…
Au mois de mars, M. Guerrand-Hermès a obtenu gain de cause auprès du tribunal de grande instance de Paris qui avait ordonné que certaines scènes du film soient floutées lors de sa diffusion sur la chaîne franco-allemande Arte.

Aujourd’hui, le tribunal de Casablanca vient d’emboîter le pas au Tribunal de grande instance de Paris en condamnant le directeur général de 2M et Mohand Ulad à verser la somme de 80.000 dirhams de dommages et intérêts à M. Guerrand-Hermès.