Benkirane : Première crise politique au sein du Parlement

Le RNI gèle ses activités dans les deux Chambres.

Première crise politique sous le gouvernement Benkirane. En accusant, lundi 11 janvier au Parlement, l’ancien ministre des finances et actuel député Salaheddine Mezouar, de perception d’émoluments sous forme de dessous de table, le député PJD d’Oujda, Abdelaziz Aftati, a provoqué une crise au Parlement. La troisième force politique du pays, le RNI, a décidé de geler, depuis mardi 12 juin, toutes ses activités dans la première et la deuxième Chambre.

La décision a été entérinée lors d’une réunion du bureau politique, et durera au moins une semaine. Car il n’est pas question de la maintenir indéfiniment. «Ce sont les citoyens qui nous ont élus, non pas le PJD. Cette décision, nous l’avons prise pour marquer une position», explique Ouadie Benabdallah, député et membre du bureau politique du RNI.

Le parti exige, ni plus ni moins, que le chef du gouvernement prenne ses responsabilités, intervienne et ouvre une enquête. C’est que, comme l’assure ce responsable, le RNI «ne compte pas tourner la page sous prétexte que des excuses ont été présentées par la suite. L’affaire est trop grave». Pour le parti, c’est simple : «Nous ne sommes pas dans la situation d’un député qui a émis un avis ou une opinion à l’intérieur de l’hémicycle et peut donc invoquer l’immunité parlementaire. Nous sommes devant des accusations de vol qui ont été retransmises en direct à la télé», s’indigne Ouadie Benabdallah. En attendant, le RNI multiplie les réunions de son bureau politique «pour suivre l’évolution des évènements».

Au delà de cet incident, ce qui inquiète c’est ce glissement des députés du PJD vers une exacerbation des tensions sociales en jouant à outrance la carte du populisme.