Les entreprises américaines plus enclines à quitter la Chine

Un quart des firmes américaines présentes en Chine ont déjà entrepris de fermer certaines activités et d’en déplacer hors du pays, ou se préparent à le faire, dans un contexte de dégradation des conditions économiques, a indiqué mercredi la Chambre de commerce des Etats-Unis à Pékin.

Pour les entreprises étrangères, la Chine n’est plus nécessairement un eldorado: l’activité dans la deuxième économie mondiale s’essouffle fortement, le pays perd en compétitivité sur fond de renchérissement de la main d’oeuvre, et la censure drastique de l’internet complique leurs opérations.

Plus des trois-quarts (77%) des entreprises américaines sondées par la Chambre de commerce ont estimé se sentir « moins bienvenues » dans le pays en 2015 par rapport à l’année précédente.

Cela témoigne d’une nette détérioration: en 2014, seules 47% faisaient un tel constat — après une vague d’enquêtes des régulateurs chinois visant des groupes étrangers pour « pratiques monopolistiques ».

Depuis, « plusieurs des politiques que Pékin considère ou a déjà adoptées mènent fondamentalement la Chine dans la mauvaise direction », avertit Lester Ross, vice-président de la Chambre.

Pour les 25% d’entreprises américaines qui ont dit avoir déjà déplacé certaines activités hors de Chine lors des trois dernières années ou projettent de le faire, la principale motivation est d’échapper au renchérissement des coûts du travail chinois.

Mais un dixième d’entre elles pointent avant tout la pression « de complications réglementaires ».

De façon générale, la censure de l’internet local est une préoccupation majeure pour la quasi-majorité des firmes américaines: 80% assurent que les restrictions drastiques imposées sur le web affectent négativement leurs opérations.

Plus de 70% des entreprises sondées jugent être empêchées d’accéder à des sites internet cruciaux et à des informations nécessaires pour leurs affaires, en raison des blocages.

Plus de la moitié estiment que l’impossibilité d’utiliser certains outils basiques — les plateformes Facebook, Dropbox, Instagram, YouTube ou encore la messagerie Gmail sont tous bannis en Chine — entrave leurs capacités à opérer.

Parmi les sociétés ayant commencé à se retirer en partie de Chine, près de la moitié ont déplacé les activités en question vers des pays asiatiques en développement, tandis que 38% les ont relocalisées en Amérique du nord — le rapatriement d’activités depuis la Chine aux Etats-Unis a le vent en poupe ces dernières années.

Les firmes américaines ne sont pas épargnées par le vif assombrissement de la conjoncture en Chine, dont la croissance économique a ralenti en 2015 à son plus faible niveau depuis un quart de siècle.

Quelque 45% des sondés ont fait état d’une stagnation ou d’une baisse de leur chiffre d’affaires en Chine l’an dernier. Seuls 64% ont assuré que leurs activités en Chine restaient rentables — la plus faible proportion enregistrée depuis cinq ans.

Sur les 961 entreprises membres que compte la Chambre américaine de commerce, 496 ont participé à cette enquête annuelle.