France : stations de ski ouvertes à Noël…mais sans remontées mécaniques

Les stations de ski françaises pourront rouvrir à Noël, mais les remontées mécaniques devront rester fermées pour éviter des attroupements, a annoncé jeudi le Premier ministre Jean Castex, provoquant une levée de boucliers du secteur de la montagne pour qui cette disposition risque de « tuer les stations ».

En détaillant le déconfinement progressif prévu en France, le chef du gouvernement a indiqué qu’il serait possible au moment des fêtes de « se rendre dans ces stations pour profiter de l’air pur de nos belles montagnes, des commerces – hors bars et restaurants – qui seront ouverts ». Tout en précisant que « toutes les remontées mécaniques et les équipements collectifs seront fermés au public ».

Il faut éviter « de laisser se rassembler des flux très importants de population avec des activités susceptibles de solliciter par ailleurs les services hospitaliers », a-t-il fait valoir.

Cette décision était redoutée des professionnels du ski et des élus des régions concernées. Dans une tribune publiée jeudi, ils estiment qu’il n’y a « aucune raison crédible à ne pas rouvrir » dès les vacances de Noël, qui représentent 20 à 25% de leurs recettes, et jusqu’à 40% dans certaines stations.

La filière « représente plus de 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel » et « fait vivre un tissu d’entreprises locales, qui emploie plus de 120.000 personnes », écrivent-ils.

Bien qu’enregistrant une baisse de l’incidence du coronavirus, les départements alpins de Haute-Savoie et Savoie restent parmi les plus touchés par l’épidémie. Et début février, la station des Contamines-Montjoie avait enregistré l’un des premiers clusters de l’épidémie en France, dans une famille britannique ayant séjourné dans un chalet.

Le Premier ministre a évoqué des indemnisations et une « ouverture plus large » des stations « à partir de janvier », si la situation sanitaire s’améliore. Mais cela n’a pas apaisé la colère du secteur.

« Il faut nous dire clairement qu’on veut tuer les stations », a réagi le président de l’association des maires de stations de montagne, Jean-Luc Boch.

« Tout notre travail a été balayé d’un revers de main », a renchéri Alexandre Maulin, président de Domaines skiables de France, regroupant les opérateurs des 250 stations françaises. Selon lui, des solutions étaient étudiées pour une prise en charge des accidentés du ski par le secteur privé. Sans compter le travail mené pendant trois mois pour l’établissement d’un strict protocole sanitaire incluant des tests antigéniques dans les stations.

Le secteur a d’autant moins apprécié que les stations pyrénéennes de la Principauté d’Andorre seront ouvertes tout comme celles des alpes suisses et autrichiennes.

Des discussions sont toutefois en cours au niveau européen : Paris milite pour une harmonisation des règles et soutient Berlin qui demande à l’Union européenne d’interdire les séjours au ski jusqu’au 10 janvier.

(Avec AFP)