Zakaria Benaboud : «Les dimensions psychologiques, juridiques, fiscales et humaines doivent être prises en compte»

Avis d’expert : Zakaria Benaboud, Expert-comptable.

Il nous arrive d’avoir des missions de transmission au moins deux fois par an. Nous accompagnons essentiellement des repreneurs qui souhaitent avoir plus d’informations sur les entreprises mises en vente.
Nous tâchons de les sensibiliser sur trois aspects importants.

D’abord sur le plan financier pour évaluer l’entreprise sur l’état de ses fonds propres, dettes… Le deuxième aspect consiste à l’évaluer sur le plan fiscal car dans une opération de cession, un contrôle fiscal se fait automatiquement pour identifier les différents redressements éventuels effectués par l’Etat.
C’est un point important parce que, souvent, la fiscalité de la transmission est jugée complexe par le repreneur. De même que Les enjeux liés à l’optimisation fiscale comprennent plusieurs facettes difficiles à appréhender.
Le troisième aspect concerne le risque social, c’est-à-dire l’état de l’effectif de l’entreprise, la pyramide d’âge, les compétences disponibles, le climat social et bien d‘autres aspects.
Je m’attarde sur ce dernier point car le repreneur peut tomber sur une période où l’entreprise connaît une situation de grève car les employés ont souvent le souci de maintenir leurs emplois.

Ajoutez à cela la faiblesse du mode de gouvernance ou la difficulté d’avoir les bons profils.
Mais de manière globale, je pense qu’il existe un marché important de la transmission d’entreprise qu’il faut s’atteler à développer.
Avant de céder l’entreprise, tout manager doit procéder à un diagnostic personnel et professionnel
et s’assurer  d’avoir pris en compte tous les aspects relatifs au processus, notamment l’implication de la famille s’il s’agit d’une PME familiale, sur la façon d’aider ses enfants à réussir la reprise de la société, de ce qu’il va transmettre au repreneur…
C’est pourquoi les dimensions psychologiques, juridiques, fiscales et humaines doivent être toutes considérées et c’est pourquoi la transmission nécessite la mise en place d’une démarche structurée. Il faut dépasser certains blocages de nature affective ou intra-familiale.

Rechercher le bon repreneur est l’étape la plus délicate. Sur ce point, il faut examiner les différentes options de transmission et veiller à choisir le mode qui convient.
Surtout ne pas intervenir tout seul. S’entourer d’avocats, experts-compables, experts en transmission…qui ont pour mission d’éclairer et d’accompagner les dirigeants afin de déminer les obstacles rencontrés. Cependant, il reste primordial d’associer la famille à son projet de reprise/cession et de communiquer avec elle.