Vous êtes viré ? Quelques ficelles pour rebondir

Plus on avance en âge, plus on a de difficultés à rebondir, surtout pour les postes de top manager.
«Out placement», intérim, chasseurs de têtes, réseaux
ou entourage familial, sachez user de tous les canaux.
Si on perd le moral ou si on veut faire le point sur son potentiel, le coaching
peut aider à rebondir.

Six longs mois pour retrouver un job. Pour Mohamed Faraj, ancien directeur commercial dans une PME industrielle, ce fut un calvaire. Son ancienne entreprise, tombée sous le coup d’un dépôt de bilan, l’a remercié sans regrets. «A 50 ans, je n’avais pas cherché un emploi depuis une éternité, explique-t-il. Je n’avais aucune vision du marché, ni de la suite à donner à ma carrière». Une famille à entretenir, des crédits à rembourser et des projets qui tombent à l’eau du jour au lendemain… Perdre son emploi est une véritable épreuve qui a de nombreuses répercussions tant sur le plan psychologique que financier. Il faut dire qu’un licenciement est toujours mal vécu : mauvaise image de soi, remise en cause de ses compétences, perte de contrôle de son destin, regard des autres…, les répercussions sont nombreuses. Cette situation est d’autant plus pénible à vivre que la quête d’un nouvel emploi relève d’un véritable parcours du combattant, difficile à apprécier tant qu’on est dans le confort. «A un niveau élevé de responsabilité, les places sont rares. Plus ils avancent dans l’âge, plus les cadres supérieurs ont du mal à trouver un nouveau job», explique Younès Bellatif, DG du cabinet Convergence Conseil.

Les petites annonces ? Très peu d’offres concernent cette population. Les cabinets de recrutement? Très peu osent les proposer à des clients. Bref, la partie n’est pas gagnée d’avance. Alors, comment s’y prendre pour rebondir ? Nous savons, de manière générale, ce qu’il faut faire : rédiger un CV vendeur, entretenir un moral de battant… Dans la pratique, c’est autre chose. Ceux qui ont su se recaser rapidement en tirent quelques leçons : utiliser intelligemment son réseau, recourir aux chasseurs de têtes, se faire soutenir par ses proches, forcer le destin…

Un bilan de compétences peut être utile
Même quand la période d’inactivité dure, on peut se maintenir en forme et garder le moral pour être prêt à reprendre du service à tout moment.
Avant tout, il convient de construire son projet professionnel en fonction de ses aptitudes et de ses intérêts. Souvent, un bilan de compétences peut être utile pour faire le point sur son avenir professionnel. Mais ce n’est pas tout. Il faut rester informé sur les tendances du marché du travail. Quels sont les profils demandés ? Quelles sont les formations susceptibles de vous intéresser ? Commercial, juriste, informaticien, responsable RH, logisticien… ? Un petit coup d’œil sur les profils en vogue vous donnera une idée sur le chemin à suivre.

Ceux qui sont en phase de départ négocié avec leur entreprise peuvent toujours demander un «out placement» (reclassement). Celui-ci a pour objectif d’accompagner et d’aider des personnes en repositionnement ou en transition de carrière. C’est un des éléments du package que les grandes entreprises commencent à offrir à des collaborateurs incités à partir. L’out placement fournit au salarié une méthodologie, de l’information et des moyens pour accélérer son retour à l’emploi. L’avantage d’une telle prestation est double. D’une part, elle permet de raccourcir de façon significative la durée de la recherche d’emploi. D’autre part, elle constitue pour la personne concernée l’occasion de développer une réflexion approfondie sur son positionnement professionnel à moyen terme et de s’approprier une méthodologie efficace de gestion de carrière. Une telle prestation peut coûter assez cher si on l’entreprend à titre individuel et non sur le compte de la société.

La majorité des postes de cadres supérieurs sont pourvus par la cooptation
Aussi, l’idéal dans une recherche, c’est d’être au courant des postes qui se créent ou se libèrent dans les entreprises. La majorité des postes de cadres supérieurs sont pourvus par le bouche-à-oreille et la cooptation. Et donc, il faut savoir activer son réseau pour dénicher les bonnes places. «C’est en entretenant mes relations que j’ai pu rebondir rapidement. Il m’a fallu moins d’un mois pour reprendre du service grâce à elles», explique pour sa part Mohamed Boufouss, ingénieur technicien dans une PME de textile. Un autre cadre a également usé de ses relations pour rebondir de manière très efficace. Spécialiste des nouvelles technologies, il a su faire connaître ses réalisations professionnelles dans le microcosme des NTI mais aussi parce qu’il s’est montré actif dans des associations ou fédérations professionnelles où il a présidé plusieurs commissions. Il était également intervenu dans de nombreux colloques.

Et les cabinets de recrutement ? Incontournable dans la plupart des cas, à condition que votre licenciement ne soit pas aggravé par une faute professionnelle ou autres «casseroles». Toutefois, si vous entretenez des relations avec eux, n’attendez pas trop des chasseurs de têtes car ils préfèrent les managers encore en poste.

Si la recherche se prolonge encore, pensez à l’intérim cadre. Celui-ci se développe timidement et reste une opportunité pour déboucher sur un emploi à plein temps. Des cabinets de la place comme Manpower, Crit Maroc ou Best Profil proposent ce service qui présente plusieurs avantages : cumul de postes et d’expérience, développement d’un réseau de contacts… Dans la plupart des cas, l’intérim débouche sur une embauche définitive.

Reste que trouver un emploi est aussi une question de moral. Si vous commencez à perdre confiance en vous, c’est le moment de faire appel à un coach. Cela peut toujours être utile pour faire le point sur sa carrière professionnelle.