Vision, réseautage, anticipation…, les compétences qui font la différence

Anticipation, réactivité, gestion de la complexité…, des compétences indispensables.
Les changements continus de l’environnement économique imposent une remise en cause permanente.
On doit oser expérimenter de nouvelles solutions, même si tout va bien.

C’est une évidence : nous ne sommes plus dans une économie fermée. Face à l’ouverture du marché, aux nouvelles donnes de la société, aux exigences démographiques…, les entreprises sont en face de nouveaux défis. Reste à savoir si les managers ont compris que l’ère de l’homme d’affaires classique qui prospérait grâce à un marché bien protégé est révolue. En tout cas, il est maintenant admis qu’un bon manager est une espèce qui aime la compétition -c’est la loi du marché- et se prépare tous les jours en conséquence en ayant le souci de pérenniser son entreprise ou, au pire, de la maintenir à flot. Pour cela, il lui faut des compétences. Même si la gestion n’est pas une science exacte en raison des facteurs exogènes qui peuvent perturber la vie de l’entreprise, un manager, en plus de sa technicité, doit être outillé pour pouvoir faire face aux aléas et maintenir le cap, le cas échéant, le changer quand cela est nécessaire.
Bref, il faut de la réactivité, une capacité d’anticipation, mais pas seulement. La liste des compétences dont doit faire preuve un manager, dans une petite ou grande entreprise, n’est pas limitative. Des spécialistes du management, des dirigeants et des cadres que nous avons interrogés ont relevé quelques-unes qu’ils jugent indispensables.

Capacité d’anticipation et vision d’ensemble
Parce que le monde change vite et qu’on n’a pas le temps de mettre en place une stratégie qu’on doit déjà changer de cap. Par conséquent, la capacité d’adaptation et de remise en question est un gage de réussite. Anticiper, c’est sentir arriver les évolutions et prendre position avant les autres. Anticiper, c’est aussi avoir une vision pour son entreprise et être en mesure de définir ce qu’elle aspire à devenir. Cela suppose d’avoir des convictions, le courage de les assumer et la faculté de les exprimer.

Capacité de gérer la complexité
Course contre la montre, des objectifs ou des projets de plus en plus complexes… Un défi majeur de notre temps en raison de la rapidité des communications, du développement rapide des nouvelles technologies, de la part croissante de l’immatériel et de la mondialisation de l’économie. Certains managers l’ont compris et ont adapté leur méthode de travail à cette nouvelle réalité.

Assurer une veille à tous les niveaux
Le manager doit remettre  en cause, en permanence, le fonctionnement de l’entreprise. «Le manager qui se démarquera est celui qui n’attendra pas que le changement soit devenu incontournable pour le mettre en œuvre » , explique Salim Ennaji, DRH de Veolia Environnement Maroc. Etre en veille exige du manager qu’il observe en permanence le marché et plus généralement l’environnement concurrentiel, législatif, technologique… Une telle démarche demande aussi d’oser des solutions nouvelles même quand tout va bien.

Le manager doit être un homme de réseaux
Un réseau est comme une plante. Il faut savoir l’entretenir pour en tirer les avantages. Par conséquent, il faut savoir distinguer entre le réseau passif (le simple fait d’échanger des cartes de visite et sans plus) et le réseau actif qui, lui, est créateur d’opportunités pour l’entreprise. Ce dernier est le plus important car les avantages qu’on peut en tirer sont nombreux. D’abord se procurer des informations utiles, une visibilité des affaires, une réactivité et une prise de décision rapide mais aussi un moyen de benchmarking sur son positionnement, style de management… Le monde d’aujourd’hui veut qu’un manager ne soit pas isolé.

Faire accepter le changement à son équipe
Aujourd’hui, certaines décisions sont difficilement acceptables et quand on conduit un changement, on touche plusieurs paramètres : peur de l’inconnu, peur de prendre un risque, peur de la surcharge de travail. Pour que cela fonctionne, le manager doit intéresser ses collaborateurs au changement. «Le manager devra savoir légitimer le changement auprès de ses équipes» , explique Essaid Bellal, Dg du cabinet Diorh. En période de crise (licenciement, restructuration, fusion…), les collaborateurs se posent beaucoup de questions sur leur devenir. S’ils n’ont pas des réponses concrètes, ils se les fabriquent. Par conséquent, cela envenime davantage le climat interne. Dans ces phases, il faut savoir communiquer beaucoup plus que d’habitude. C’est même indispensable.

Le manager doit tenir compte des nouvelles valeurs montantes
 Respect des droits des travailleurs, protection de l’environnement, prise en compte des problèmes sociaux… Ce sont, entre autres, les nouvelles valeurs (contraintes aussi) du manager moderne, même si parfois les prises de position publiques ne sont qu’une profession de foi sans effet corrélé. Pour une fois, les entreprises ont compris que les performances financières ne suffisent plus pour juger les performances de l’entreprise. Autrement dit, l’homme n’est plus vu comme un simple «outil» de production.

Mobiliser sans harceler
 L’aspect émotionnel n’est pas en reste, puisque le manager doit aussi savoir gérer aussi bien son stress que celui des autres. Négocier, gérer un conflit, affronter à juste titre un collaborateur, un actionnaire, motiver tout en sanctionnant, structurer tout en développant, annoncer des vérités inconfortables et nécessaires, sont autant de situations spécifiques voire paradoxales, qui engagent les managers, et qui sont dans la sphère de l’intelligence émotionnelle. Le grand challenge actuellement sera, et certainement pour longtemps encore, la gestion d’un alliage subtil et puissant composé de savoir et de gestion des relations.

A lire aussi :

Les compétences qui font la différence : Avis de Eljout Abdallah, DG d’Elito Conseils.

Les compétences qui font la différence : Avis de Essaid BELLAL, DG du cabinet DIORH.

Les compétences qui font la différence : Avis de Ahmed KOUDDANE, DG de Synthèse Conseil.

Les compétences qui font la différence : Avis de Abdellilah SEFRIOUI, DG du cabinet Axe RH.

Les compétences qui font la différence : Avis de Salma KHAIRANE, Responsable marketing à Manpower Maroc.