Vigeo passe au crible les violations des droits de l’Homme en entreprise

Le cabinet a analysé les pratiques de près de 1 500 entreprises dans le monde. Le respect de la liberté syndicale et du droit à  la négociation collective est le plus fréquemment mis en cause.

Que font les entreprises vis-à-vis des droits de l’Homme ? Une étude du cabinet Vigeo lève le voile sur la question en établissant une analyse comparée du comportement managérial de près de 1 500 entreprises cotées nord-américaines, européennes et asiatiques entre 2009 et 2012.

Celle-ci révèle qu’une multinationale sur cinq a dû faire face à au moins une allégation de violation des droits de l’Homme bien que le thème du respect des droits de l’Homme fait partie de leur discours. Le respect de la liberté syndicale et le respect du droit à la négociation collective sont les plus fréquemment violés.

Toutefois, les engagements que les groupes prennent gagnent en visibilité et en pertinence, avec le souci de bien marquer leur adhésion aux principes et aux objectifs des conventions internationales énoncées notamment par l’ONU, l’OIT et l’OCDE. Le problème est que la mise en œuvre des engagements, notamment la capacité à rendre compte des processus dédiés à la protection des droits de l’Homme et à la prévention des risques de violation, reste limitée et souvent controversée.
Par ailleurs, l’étude fait ressortir quelques pratiques très avancées sur l’ensemble du référentiel des droits de l’Homme. Les firmes les plus engagées parviennent non seulement à mettre en place des dispositifs solides de prévention des risques mais aussi à se différencier positivement en termes de réputation, de cohésion de leur capital humain, d’efficience de leur organisation et de sécurité publique.
Quatre critères du référentiel Vigeo sont passés au crible. Il s’agit du respect des normes relatives aux droits de l’Homme et la prévention des violations, du respect de la liberté d’association et le droit à la négociation collective, de la non-discrimination et la promotion de l’égalité et, enfin, de la prévention du dumping social dans la chaîne d’approvisionnement.

Pour chacun de ces critères, l’étude recense les résultats obtenus par zone géographique et par secteur, le nombre d’entreprises qui ont fait l’objet d’allégations, qui ont été condamnées pour des actes de violations des droits de l’Homme, qui ont mis en place des mesures correctives, ainsi que les bonnes pratiques mises en place par les entreprises les plus avancées dans ce domaine. Vigeo a également identifié, sur chaque critère, les 30 entreprises qui ont porté leurs engagements et leurs processus de gestion à des niveaux exemplaires et qui démontrent les performances les plus avancées : 24 d’entre elles sont situées en Europe.
Fouad Benseddik, directeur de la méthodologie et des relations institutionnelles de Vigeo, a souligné à ce sujet une amélioration des pratiques chez les firmes qui étaient déjà engagées. Il reste néanmoins beaucoup de chemin à parcourir pour la majorité des multinationales qui doivent mettre en cohérence leurs engagements et leurs plans d’action pour maîtriser leurs risques, croissants, sur ces sujets.