Une offre de 99 à  999 euros

Les arrivées touristiques atteignent des niveaux records. Le tourisme se diversifie et propose des forfaits pour toutes les bourses.
L’investissement hôtelier est en croissance constante, 54 nouveaux hôtels sont attendus.

Le tourisme est incontestablent le secteur le plus performant de l’économie marrakchie. Et pour cause, la ville draine chaque année plus de touristes, dépassant le seuil symbolique du million de touristes en 2004 et 3,6 millions de nuitées. Au cours de cet exercice, Marrakech a ainsi enregistré une hausse de 24% de ses arrivées touristiques et 19% des nuitées réalisées dans des hôtels classés. La durée de séjour a elle aussi augmenté, atteignant à présent les 5 nuitées.
Le tourisme est ainsi une vraie locomotive pour l’économie de la ville.
Ce sont les marchés émetteurs classiques qui sont derrière cette hausse : la France, l’Espagne, la Belgique et la Grande Bretagne, ainsi que la clientèle nationale.
Un engouement qui se confirme en ces premiers mois de 2005. Le mois d’avril a été d’ailleurs spécialement exceptionnel. Pas une chambre de libre dans la majorité des établissements de la ville. Certains hôtels ont même réussi à atteindre un taux d’occupation moyen record de 90% sur le mois. Une situation telle que, durant le week-end du 21 au 24 avril, des dérapages ont été enregistrés dans quelques hôtels. Ces dates coïncidaient avec Aïd Mawlid pour les Marocains et les vacances scolaires en France. Des cars pleins de touristes tournaient en rond la journée du samedi 23 en attente de trouver un logement car les hôtels où ils avaient réservé étaient déjà pleins. Des touristes nationaux ont également été contraints de dormir dans leurs voitures. «Certains hôteliers ont préféré vendre à des nationaux à des prix plus chers et payables de suite que d’honorer leurs engagements envers les touristes étrangers réservés», explique un agent de voyage dépassé par les évènements. Des hôteliers qui préfèrent donc vendre aux Marocains car les tarifs alloués aux T.O étrangers sont de plus en plus bas.

Le bradage nuit à l’image de la destination
Il y a quelque temps, d’ailleurs, la formule à 99 euros la semaine du voyagiste Etapes Nouvelles avait créé une certaine polémique, du fait que les prix étaient bradés. Le tour-opérateur français offrait, en effet, pour ce prix, un séjour de sept nuits à Marrakech avec demi-pension et transport en avion. Du jamais vu ! Une offensive promotionnelle du T.O pour attirer une grande clientèle et barrer le passage à ses concurrents. Cela n’a pas été le cas pour Nouvelles Frontières qui a descendu le prix à 89 euros. Les hôteliers marocains qui désirent avant tout positionner la destination dans le haut de gamme n’ont pas manqué de réagir et de qualifier ce prix d’appel de véritable bradage !
Cet incident qui s’est produit en février dernier illustre bien la situation des prix à Marrakech où il y en a pour toutes les bourses car l’offre hôtelière est très diversifiée : outre l’hôtellerie classique de 2 à 5 étoiles luxe, la ville compte également un grand nombre d’appart-hôtels, de résidences, de villages de vacances, de pensions, de riads… Ce qui fait dire à un hôtelier de la ville que «l’offensive d’Etapes Nouvelles nous a fait peur pour l’image de la ville mais la vérité, c’est qu’à Marrakech, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses». Ces dérapages même ponctuels peuvent nuire à la destination qui, malgré son positionnement diversifié dans toutes les catégories d’hôtellerie, préfère garder l’image d’un produit haut de gamme. «C’est le meilleur moyen pour assurer un niveau correct des prix et pour ne pas brader la destination», souligne un opérateur hôtelier de la ville.
Cette demande massive est, bien évidemment, accompagnée d’un boom de l’offre hôtelière. Actuellement, la capacité hôtelière est de 30 000 lits avec 84 hôtels classés, sans compter les riads et les maisons d’hôtes dont la capacité est estimée à 3 000 lits. Mais cette offre ne suffit plus pour accueillir les arrivées de plus en plus croissantes de touristes. C’est ce qui explique que dans les trois prochaines années ce sont 54 nouveaux projets qui verront le jour (voir encadré).
Les autorités de la ville applaudissent cet engouement et encouragent l’investissement et la promotion de la destination. Car une chose est sûre, le tourisme produit des effets induits directs et indirects qui génèrent de la croissance pour la destination, que ce soit au niveau de l’emploi, des investissements, du développement agricole de la région, de la promotion immobilière, du développement des PME… .