Une crise couve dans votre entreprise ? Décryptez les signaux d’alerte

Les finances sont le premier indicateur scruté par les managers pour jauger la situation de leur entreprise. L’absentéisme et le turn-over sont aussi à  surveiller.

Aucune entreprise n’est à l’abri des problèmes. Souvent, la santé financière constitue le premier indicateur qui préoccupe les dirigeants. Cependant, il y a bien d’autres éléments d’ordre social ou organisationnel qui mettent en évidence les difficultés.

Absentéisme, turn-over massif, chute d’attractivité en tant qu’employeur, micro-conflits récurrents, prolifération de rumeurs, guerre des chefs… Les signaux ne manquent pas. 

Au fait, une entreprise est comme le corps humain. Elle réagit à la moindre attaque. Parfois de manière violente. C’est dire qu’un problème n’arrive jamais par hasard. Le fait générateur est souvent la défaillance du management. Par exemple, quand les collaborateurs n’ont plus de visibilité sur leur carrière, il est normal que le malaise s’installe. A la longue, les moins patients finissent par faire leurs cartons. Et comme rien ne peut être caché, l’entreprise perd de sa crédibilité, avec toutes les conséquences que cela suppose. Cette défaillance est la plupart du temps caractérisée par un déficit de communication. En effet, les adeptes du management  directif ou, dans des cas extrêmes, coercitif, ont souvent tendance à croire qu’ils peuvent se passer du dialogue en misant sur la peur de leurs collaborateurs. A tort. Comme la nature a horreur du vide, le silence cède la place à la rumeur qui génère une crise de confiance. Le déficit de communication est également le signe d’un manque de proximité. Et quand on n’est pas à l’écoute de ses collaborateurs, beaucoup de petits conflits personnels finissent par dégénérer, alors que, jusqu’alors, tout avait l’air de bien fonctionner. 

Toute entreprise doit disposer d’un système de veille

Pourtant, en matière de gestion, le décideur «n’a pas le droit d’être surpris», rappellent  régulièrement experts en management et DRH. Lanticipation est le mot-clé. A ce propos, Omar Benaini, consultant associé au sein du cabinet LMS ORH, précise  que «dans un monde idéal, toute entreprise devrait disposer d’un mécanisme de veille et d’une réelle politique de gestion des risques. Ces deux dispositifs permettent d’éclairer la prise de décision et d’anticiper sur les difficultés à venir». Les outils de mesure de climat social existent et sont largement vulgarisés. Mais pour bien anticiper, il ne suffit pas de disposer d’une information de qualité. Il faut savoir l’interpréter et l’exploiter au bon moment.