Un travailleur européen sur quatre rêve de couler sa retraite à  l’étranger

L’Espagne et la France sont les destinations de retraite de choix.
L’émigration des retraités pourrait entraîner des changements considérables pour les budgets des services de santé.

L’Espagne, pays célèbre pour ses journées tranquilles au soleil, la siesta, les tapas, la sangria et bien sûr pour son équipe de football championne du monde en titre, est la destination de choix des retraités européens, selon une enquête réalisée auprès de 7 500 travailleurs européens de dix pays par Aon Consulting, société leader en gestion des risques et des bénéfices liés aux employés. Un sondé sur quatre (25%) souhaitant passer sa retraite à l’étranger affirme que l’Espagne est son pays préféré.
Choisie par 15% des Européens, la France se place en seconde position. Figurant non loin de la France et de l’Espagne et présentant des climats chauds comparables, les Etats-Unis, l’Italie et l’Australie occupent les trois rangs suivants de ce sondage.
L’Espagne et la France arrivent également en tête des classements de popularité concernant les travailleurs souhaitant passer leur retraite dans leur pays d’origine. Dans ce cas, les Espagnols (86,8%), les Français (81,1%) et les Danois (73,6%) sont les plus enclins à passer leur retraite dans leur propre pays, un contraste frappant avec les travailleurs du Royaume-Uni (42,7%), d’Allemagne (45,9%) et d’Irlande (49%) où la majorité espère passer sa retraite à l’étranger.
Un afflux d’immigrants retraités vers quelque pays que ce soit pourrait aggraver la bombe à retardement déjà menaçante d’une population vieillissante en Europe, forçant les pays comme l’Espagne et la France à repenser leurs politiques sociales et leurs budgets pour faire face à des pressions supplémentaires pesant sur les ressources de leurs services de santé.

Les transports aériens à faibles coûts et les outils de communication favorisent davantage l’émigration

Selon Oliver Rowlands, responsable des retraites d’Aon Consulting pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, «les transports aériens à faibles coûts et les outils de communication disponibles sur Internet permettent aux personnes qui passent leur retraite à l’étranger de ne pas s’absenter totalement de leur vie familiale, faisant de la perspective de l’émigration vers d’autres pays une réelle possibilité à une échelle encore jamais observée» . Et d’ajouter qu’il n’est pas surprenant de constater que de nombreuses personnes souhaitent passer leur retraite principalement dans des pays où le climat est agréable et où les avantages sociaux sont de bonne qualité, et présentant une distance idéale leur permettant de rentrer dans leur pays d’origine rapidement s’ils en ont besoin.
Les personnes pensant passer leur retraite à l’étranger doivent prendre en compte certaines implications financières. Il est possible que le coût de la vie soit supérieur dans le pays choisi, et les personnes projetant de passer leur retraite à l’étranger doivent donc inclure cela dans leur plan d’épargne. Certaines implications fiscales peuvent aussi exister à la fois dans leur pays d’origine et dans leur nouveau pays de résidence et il est donc évidemment nécessaire de s’informer à l’avance afin d’éviter les mauvaises surprises pouvant apparaître plus tard. Et finalement, les prestations de soins de santé peuvent amplement varier pour les expatriés, ce qui représentera une préoccupation majeure pour les retraités au fur et à mesure qu’ils vieillissent.
Aon Consulting a récemment publié un rapport approfondi: «Les attentes face à la réalité : à la rencontre du défi des retraites en Europe», basé sur les données de l’European Employee Benefits Benchmark. Ce rapport propose un aperçu de certains des problèmes liés à la retraite et aux pensions touchant une population active vieillissante en Europe, l’un des risques principaux du capital humain pour les employeurs européens aujourd’hui.

Source : indicerh.com