Un stagiaire n’est pas un figurant, il peut être utile s’il est valorisé

Fini les stagiaires affectés à  la photocopieuse ou au classement des archives. Un stagiaire, s’il a de bonnes aptitudes, peut être un futur bon collaborateur.

Pour l’entreprise, un stagiaire peut être très utile s’il est encadré et suivi.
Le fait de prévoir des indemnités permet d’être
plus exigeant.

Pas toujours facile de trouver un stage. Bon nombre d’étudiants, surtout ceux en fin de cursus, en savent quelque chose. Parce que ces stages sont souvent imposés par l’école et pas toujours pris en compte par les entreprises, ils ne se déroulent pas toujours comme ils devraient l’être. L’une des principales raisons est que «les stages sont encore loin de faire partie intégrante d’une politique ressources humaines dans beaucoup d’entreprises», explique d’emblée Abdelilah Sefrioui, consultant RH. Bien encadré, un stagiaire peut pourtant être très utile durant son temps de présence, être un bon ambassadeur de l’entreprise ou même un excellent futur collaborateur. «Récemment, j’ai consulté un blog de l’un de nos stagiaires qui était de passage chez nous. Heureusement qu’il parlait de son stage de manière positive», souligne un DRH d’une multinationale. Karim El Ibrahimi, Dg du cabinet RMS, ajoute   dans le même sens que «considérer un stagiaire comme un coursier ou le confiner au classement des dossiers nuit à l’image de l’entreprise, il ne faut pas oublier que les stagiaires sont là pour avoir de vraies missions». Et de souligner que «le choix d’un stagiaire doit être considéré comme un véritable recrutement parce que des collaborations de ce genre peuvent déboucher sur une embauche».
Outre les candidatures spontanées et les annonces via la presse, le fait de se rapprocher des écoles et autres universités dans le cadre des conventions de partenariat constitue un bon moyen pour dénicher de bons profils. En optant pour les conventions de partenariat, les entreprises ont l’assurance que leurs stagiaires sont d’abord bien encadrés au sein de leurs écoles et bien préparés.
Pour certaines entreprises, accueillir des stagiaires en fin d’études ou cherchant à étoffer leur CV peut être un moyen pour constituer un vivier dans lequel elles pourront puiser si des besoins en recrutement se font ressentir. C’est ainsi que dans les banques, par exemple, il n’y a pas de période prédéterminée pour les stages. Elles en accueillent durant toute l’année même si la plupart des candidats postulent pour l’été.
Dans tous les cas, chaque partie doit tirer profit de l’expérience. Un stage n’est pas une action routinière destinée à rendre service. Une fois accepté au sein de l’entreprise, le stagiaire doit donc être géré avec beaucoup de professionnalisme. D’abord, la mission à confier au candidat doit être fixée à l’avance. Faute de quoi il peut très bien lâcher prise et ne plus revenir dans les jours qui suivent sans même prévenir. De même, l’intégration doit être menée de manière progressive. «Si le stagiaire fait preuve de bonnes aptitudes, on peut lui confier des missions plus complexes», conseille M. El Ibrahimi. Mais, peut-on tout leur confier? «S’il prend des initiatives, il faut l’épauler constamment tant qu’il peut contribuer à sa mission. Plus il accède à l’information, plus il fait de son mieux», assure M. Sefrioui. Toutefois, les informations d’ordre stratégique doivent être fournies strictement en fonction du besoin et en sensibilisant la personne à leur importance.
En somme, il faut savoir encadrer les stagiaires. Cette mission incombe au tuteur ou au supérieur hiérarchique concerné qui doit susciter l’intérêt du jeune candidat. La mission remplit-elle les objectifs que vous recherchez ? Voyez-vous votre tâche autrement ? Voulez-vous essayer d’autres tâches? Ce sont des questions de ce genre qu’il convient de soulever régulièrement pour mesurer le degré de motivation du stagiaire et surtout les aider, à travers leurs feed-back, à avancer dans leur travail.
 
Un bon stagiaire est celui que l’on remarque
Enfin, à la fin du stage, il faut penser à une rétribution ou au moins à rembourser les charges et autres frais engagés par le stagiaire pour ses déplacements et ses repas. S’il en est informé à l’avance, il sera plus motivé et s’appliquera davantage. Par ce même biais, on peut aussi être plus exigeant vis-à-vis de lui. D’autre part, ce geste peut être très rentable si on a affaire à un bon profil. Quand arrivera le moment de chercher un emploi, l’entreprise sera très probablement privilégiée s’il en garde un bon souvenir.
En ce qui concerne le stagiaire, les consultants en ressources humaines sont unanimes : un bon stagiaire est celui que l’on remarque, par son enthousiasme, son sens de l’initiative, sa politesse et son sens de l’organisation.
En somme, il est important de laisser une bonne impression de soi et de son établissement scolaire. Les bonnes relations entretenues avec son tuteur conduisent parfois à de précieuses lettres de recommandation. S’intégrer, c’est d’abord respecter les règles de l’entreprise. Le stagiaire doit ainsi se conformer aux horaires de travail, au code vestimentaire et aux usages. Aux garçons de porter la tenue classique (pantalon chemise), ou même se mettre en costume cravate s’il le faut. Aux filles d’éviter les  styles trop dénudés. Le stagiaire doit également bien se comporter avec chaque membre de l’équipe : du directeur au coursier. Enfin, il va de soi que le stagiaire doit veiller au respect de la confidentialité.
Si le tuteur ne lui donne pas de missions précises, il peut en réclamer ou aider sur tel ou tel dossier en fonction de ses compétences. En un mot: éviter de faire de la figuration.