Un Marocain sur trois «pas heureux» au travail

Réalisée auprès d’un échantillon de 1 200 personnes, OpinionWay a réalisé une enquête pour mesurer le niveau de bien-être des Marocains au travail et identifier les facteurs qui expliquent et impactent le plus leur ressenti. C’est le secteur public qui affiche les meilleurs scores de satisfaction au travail.

Les Marocains sont globalement satisfaits au travail. C’est ce qui ressort de la dernière étude nationale sur le bien-être au travail de l’Observatoire marocain du bonheur.

Réalisée par le cabinet OpinionWay auprès de 1200 travailleurs, tous secteurs d’activités confondus, cette étude a voulu mesurer le niveau de bien-être des Marocains au travail et à identifier les facteurs qui expliquent et impactent le plus leur ressenti.

Sur une échelle de 1 à 10, les salariés marocains donnent une note moyenne de 6,6/10 sur leur satisfaction au travail. Dans le détail, 36 % ont donné une note de 1 à 5, 18% une note entre 6 et 7 et enfin 46% une note située entre 8 et 10. En somme, 46% des Marocains ressentent un vrai bien-être au travail (note de 8 à 10) alors que plus du tiers des sondés (36%) sont plutôt «pas heureux» au travail (note de 1 à 5).

Parmi les différentes catégories, les hauts fonctionnaires du public semblent les plus satisfaits de leur sort (note de 8 à 10 : 56% contre 46% sur le total de l’échantillon). Parmi les salariés qui affichent le plus haut niveau de bien-être ressenti, on retrouve aussi les résidents des provinces du sud du pays (54%), les individus ayant obtenu une augmentation salariale (54%), et les mieux nantis.

En revanche, les individus qui expriment un certain «mal-être au travail», sont surreprésentés en zone rurale, dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et foresterie (50%) ou encore parmi les ouvriers du privé (44%).

Selon Bachir Aïnad, directeur associé au sein du cabinet Opinionway, «il n’existe pas de corrélation tangible entre le bien-être au travail et les facteurs qui y contribuent (rémunération, conditions de travail, environnement…). La véritable explication réside dans leurs postures mentales qui expriment une résilience solidement ancrée. En d’autres termes, ces individus-là s’accommodent de leur situation et s’estiment heureux d’avoir un travail».

L’étude montre également que près du tiers des sondés (30 %) considère que le travail est une source de stress. Trois principaux facteurs sont à l’origine de ce stress: le manque de reconnaissance, le manque de moyens pour atteindre les objectifs et le sentiment de surcharge de travail

Parmi les facteurs qui impactent le niveau du bien-être au travail, l’étude en fait ressortir une douzaine. Dans l’ordre, ce sont la quête de sens, la maitrise des tâches, l’équilibre entre privée et vie professionnelle, la rémunération et les gratifications, le niveau d’autonomie et de responsabilité, l’ouverture sur l’extérieur, la sécurité et la salubrité de l’environnement de travail, le support de la hiérarchie et l’entraide des pairs, la transparence et la pérennité organisationnelle, possibilité d’avancement et l’expression de son potentiel créatif, la moindre difficulté physique des tâches à accomplir et enfin l’ambiance de travail.

10% montrent un faible niveau d’engagement

Par ailleurs, l’étude a également dressé une typologie de travailleurs marocains. Les «résilients», qui représentent 24% de l’échantillon, font preuve de la plus forte motivation au travail et sont ceux qui accordent le plus d’importance à leur travail.

Les dévoués en environnement défavorables (14%) aiment leur métier et le considèrent utile à la société mais en même temps ils considèrent leur travail comme source de stress et de mal-être.

Ce segment compte dans ses rangs la plus forte proportion de fonctionnaires.

Les mieux lotis (30%) sont les actifs qui ressentent le plus de bien-être dans le cadre de leur travail et leur vie privée. 

En revanche, les 10% qui démontrent un faible niveau d’engagement en entreprise ont la particularité de partager certaines particularités avec la «Génération Y» : recherche de gratification immédiate, impatience, quête de sens, refus d’une certaine autorité et des règles établies, la volonté d’exprimer son potentiel créatif, d’éviter les aspects routiniers reliés à l’emploi….

Les revendicateurs salariaux (13%) affichent une posture revendicatrice en tout ce qui a trait au système de rémunération: meilleurs salaires, des primes et un système de rémunération plus transparent et équitable et enfin les petites mains (8%) Leur niveau de bien-être au travail reste dans la moyenne malgré des ressentis faisant ressortir de la souffrance et des relations compliquées avec la hiérarchie et les pairs.