Un management de béni-oui-oui !

J’ai repris dernièrement la tête d’une entreprise et je suis vraiment très étonné du niveau de mes managers ! En effet, ils n’ont aucun sens de la prise d’initiative, doivent recevoir des mémos écrits pour avancer et ont l’air de n’avoir aucune idée à  …eux.
Lorsque je me réunis avec eux pour débattre d’un sujet, ils se contentent de m’écouter et ne font pas de suggestions. Bien sûr, ce mode de management se décline au sein des équipes qui semblent être «automatisées» : demande -écrite de préférence- je le fais sinon, j’attends ! Je n’ai pas l’habitude de gérer une équipe de cette manière, même mes tentatives de les «dérider» n’ont pas fonctionné à  ce jour.

Que me conseillez-vous ?

K.F. – CASA

Vous faites partie de ces rares managers à donner et à «écouter» la parole de son équipe. Ce qui gagnerait à être plus répandu comme pratique. En procédant de la sorte, vous arriverez à impliquer vos managers et à leur démontrer le respect que vous éprouvez à l’égard de leurs compétences, à eux maintenant d’endosser le costume du manager responsable.
J’aurai beaucoup de mal à imaginer que vos managers agissent de la sorte «par hasard» ou encore parce qu’ils se «ressemblent tous».

Gérer le passé et réapprendre son métier de manager

Aucun adulte n’aime être cantonné dans un rôle de «béni-oui-oui», il s’y voit contraint et forcé par son supérieur la plupart du temps. Aussi, à vous de valider cela en «enquêtant» sur votre prédécesseur et son mode de management. En procédant de la sorte vous arriverez certainement à mieux comprendre la frilosité ambiante à apporter des idées. Etre manager est plus compliqué que de conduire une bicyclette, il ne suffit pas d’y monter pour que les bons réflexes s’installent automatiquement ! D’autant plus que la période de «manager frileux» a duré longtemps !
Aussi, il va vous falloir faire preuve de patience et procéder par étape. Car il est ici question de climat de confiance.

Formation

Si tous vos managers se sentent muselés, si chacun a besoin d’un «écrit» pour avancer, c’est que la méfiance a contaminé chaque mètre carré de vos bureaux. C’est qu’il existe une «5e dimension» invisible au sein de votre entreprise, une dimension où elle a sans doute régné longtemps, la rumeur, le clientélisme et l’iniquité. A vous de jouer à fond la transparence des process et de leurs applications et l’équité à tous les étages.
Prendre conscience que nous devons changer est indispensable, mais maintenant il s’agit de réapprendre le métier. A ce stade, une bonne formation en management lèvera certainement les doutes quant aux «outils» à notre disposition et à leur pertinence. Là encore, assurez-vous d’y aller doucement.
Quelques jours de formation ne suffiront pas à changer des années d’habitudes et de croyances. Inscrivez cette formation dans un processus à moyen (ou long) terme et assurez-vous qu’elle sera suffisamment concrète pour gagner l’adhésion des récalcitrants. Certes, votre équipe peut encore développer son potentiel managérial, mais qu’en est-il de vous ? Comment animez-vous vos réunions ?
Avez-vous tendance à rejeter catégoriquement certaines suggestions  ?
Etes-vous bien décidé à «tout» changer sans prendre le temps de découvrir vos équipes ? Les écouter pour les COMPRENDRE et non pour les JUGER ?

Principe 26 !

C’est un de mes principes de relations humaines Dale Carnegie préférés : «Laissez votre interlocuteur sauver la face». Ce principe est utile dans bien des situations et notamment dans la vôtre : que le plus rigide de vos managers se mette à comprendre l’intérêt et la force de la flexibilité ? Ne lui rappelez pas sa période d’avant lorsqu’il était emmuré dans ses croyances. Qu’un manager se mette à vanter la nouvelle organisation ? Ne lui rappelez pas qu’il avait été le premier à la dénigrer !

A vous de jouer !