Un bon profil a au moins trois entretiens à  passer

Questions à  : Bouchaib Serhani, DG du cabinet Gesper Services.

La Vie éco : Comment se passe généralement la procédure de recrutement au sein de votre cabinet ?

La première étape consiste en l’étude du CV. S’il nous semble intéressant ou correspondant à un profil recherché par l’un de nos clients, nous contactons le candidat pour un premier entretien de prise de contact. Si ce qui est sur le papier correspond parfaitement à la réalité des choses, la seconde étape consiste en l’établissement d’un dossier de candidature complet avec une synthèse de nos appréciations. La troisième étape consiste à nous renseigner sur le candidat via un canal très sûr constitué de notre réseau. Nous nous interdisons de contacter son dernier employeur, c’est-à-dire celui chez qui il travaille pendant sa recherche d’emploi ou lorsque nous l’approchons. Enfin, si tout va bien, la dernière étape consiste en l’envoi du dossier du candidat au client puis la prise de rendez-vous pour un premier entretien avec le client.

Combien d’entretiens peut un candidat peut-il passer ?

Je dirais plusieurs, surtout si le profil recherché est très pointu. Dans ce dernier cas, les premiers entretiens se font au Maroc et si c’est une multinationale la boucle est bouclée chez la maison mère, en Europe, où se trouve la plupart des directions régionales dont dépendent les multinationales se trouvant au Maroc.
Généralement c’est un minimum de trois entretiens que passe un candidat.

Pensez-vous que le fait de passer trop d’entretiens peut être contraignant pour un candidat ? Si oui, pourquoi ?

Je ne dirais pas contraignant mais plutôt que c’est normal. Les temps ont changé. Les entreprises recrutent mais ne peuvent plus se permettre de rater la cible lors des recrutements qu’elles opèrent. Pour ces dernières, autant avoir plusieurs avis (objectifs) en interne plutôt que deux ou trois. Un recrutement coûte très cher donc autant limiter la «casse» en amont. Concernant les entreprises, la seule chose à éviter en faisant passer plusieurs entretiens aux candidats est de donner l’impression que personne ne veut se mouiller ; c’est-à-dire que si le recrutement est raté, personne ne voudrait endosser une quelconque responsabilité.

A votre avis, comment un candidat peut-il surmonter le stress des entretiens ?

En se disant tout simplement que c’est un passage obligé et qu’il faut faire avec. Le stress, nous le rencontrons surtout chez les jeunes diplômés. Ils veulent à tout prix décrocher leur premier emploi et savent bien qu’au niveau des profils normaux l’offre est très abondante. Je pense que pour cette catégorie de candidats tout devrait se jouer au niveau des écoles et universités où plusieurs simulations devraient se faire via le canal des professeurs. Des mises en situations fréquentes et très poussées permettront aux candidats de se sentir plus à l’aise lors de leur premier véritable entretien. Concernant les candidats avec déjà à leur actif une ou deux expériences professionnelles, le stress est moins apparent, mais ils devront parfois arrondir les angles sur certains points.