Un ami peut-il être un bon collaborateur ?

L’amitié se noue partout où des personnes se retrouvent pendant une grande partie de leur journée. En dehors des règles de fonctionnement interne, il revient au collaborateur de faciliter la tà¢che à  son supérieur avec qui il a des liens d’amitié.

L’entreprise a toujours été un lieu de sociabilisation important. Des enquêtes sur le sujet ont montré que près de 20% des amis proviennent du bureau. Pourtant, la proximité dans l’entreprise n’obéit pas aux mêmes règles qu’une amitié classique. Certains se l’interdisent carrément, par crainte de fausser leurs liens, alors que d’autres, au contraire, n’hésitent pas à s’ouvrir.

Quand elle intéresse deux personnes de même niveau hiérarchique, l’amitié est plus facile à gérer. Mais quand elle concerne des salariés de statuts différents, les effets peuvent être plus néfastes. Difficile par exemple d’imposer son autorité à un collaborateur que l’on connaît de longue date et avec qui on partage des affinités. Et ce n’est pas tout. La plupart des décisions favorables concernant le collaborateur ami sont marquées du sceau du favoritisme par les autres. «Une forte amitié entre un dirigeant et son collaborateur pourrait entraîner une méfiance chez les autres membres de l’équipe. Les gens se questionnent très souvent sur le niveau d’objectivité dont l’un et l’autre feront preuve dans l’exercice de leur fonction», note Mohamed Berhili, DG du groupe Hapimag. La tentation est en effet grande lorsqu’il s’agit d’influencer des processus d’embauche ou de promotion.

Mettre les choses au clair dès le départ

Houriya Cherif Haouat, directrice de développement au sein du cabinet BMH Coach, prévient : «L’amitié ne rentre pas en jeu dans un recrutement. Déontologiquement, l’entretien doit être fait par quelqu’un d’autre et en fonction de critères objectifs. Cela contribuera à renforcer les liens, la confiance en soi et l’aisance dans la relation collègue et ami, collaborateur et chef».

Bref, si amitié et empathie sont parfois utiles pour mettre de l’huile dans les rouages, il s’agit toutefois de mettre les choses au clair. «Un manager doit savoir rassurer s’il est au courant de rumeurs sur le favoritisme induit par l’amitié. Plus encore,  il faut savoir sanctionner les fautes et récompenser les performances selon des critères connus par tous», conseille M. Berhili. Une démarche qui neutralise toute contestation ou remarque déplacée. Nombre d’entreprises ont d’ailleurs élaboré des chartes destinées à éviter les conflits d’intérêts. Reste à savoir si vraiment ces obligations sont respectées. Mais, pour éviter les quiproquos, il revient au collaborateur de faciliter la tâche à son ami en se montrant irréprochable.