Transmission d’entreprise : les étapes pour réussir la relève

Pour des raisons culturelles, de nombreux patrons refusent d’organiser la relève et essaient de tenir les rênes du pouvoir tant qu’ils sont en vie. Entre 3 et 5 ans pour finaliser un projet de transmission. Il existe une large palette de moyens et de structures permettant d’assurer une transmission en douceur.

Pour beaucoup d’entreprises, notamment familiales, la succession peut devenir un véritable casse-tête. La preuve, bon nombre de PME, catégorie qui génère plus de 40% du produit intérieur brut (PIB), ne survivent pas à la deuxième génération, tandis que d’autres disparaissent à la troisième génération car très peu d’entre elles se donnent la peine de préparer la relève. Et ce n’est pas seulement dans les petites structures que ce problème se pose. Des fleurons de l’économie marocaine ont disparu  quelques années seulement après le décès de leur fondateur ou ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.

Les causes sont nombreuses. L’une des premières est le refus du fondateur, pour des raisons purement culturelles (fatalisme) de préparer la relève. Une mort brutale est de ce fait synonyme de chaos, si les héritiers (s’ils sont nombreux) n’ont pas la sagesse de s’entendre sur les modalités de partage. Qu’il y ait préparation ou pas, la bonne entente entre ces derniers est en fait une condition sine qua non pour qu’une transmission se fasse sans heurts. Cependant, le raffermissement de ces liens se cultive si les héritiers sont plusieurs et prétendent, à des degrès divers, être en mesure d’assurer la continuité de l’affaire. De manière plus prosaïque, le partage des rôles doit être fait progressivement du vivant du fondateur.

Recours à des compétences externes

A défaut de pouvoir trouver le bon manager à l’intérieur, il est toujours possible de recourir à des compétences externes. Car après tout, c’est la pérennité de l’entreprise qui compte. Le seul problème est qu’au Maroc nombreux sont ceux qui pensent encore que celui qui dirige détient la clé du coffre-fort et peut en user comme bon lui semble, d’où des différends qui finissent souvent devant les tribunaux.

Ceci dit, les entreprises disposent aujourd’hui d’une large palette de moyens permettant de mieux préparer les transitions. Des capital-investisseurs prêts à apporter leurs moyens et leur expertise aux mécanismes ou structures publiques, en passant par le conseil, elles peuvent trouver une oreille attentive à chaque étape du processus, qui, faut-il le souligner, est long. Les analystes estiment qu’il faut entre 3 et 5 ans pour pouvoir finaliser un projet de transmission.