Transmission d’entreprise : encore beaucoup de tabous à lever

Pour des raisons culturelles, beaucoup de dirigeants préfèrent encore transmettre leurs activités à des proches. Il faut trois à cinq ans pour préparer une transmission d’entreprise.

Beaucoup de patrons d’entreprises, notamment familiales, préparent mal ou pas du tout leur succession ou reprise. En effet, de nombreuses entreprises parmi les fleurons de l’économie nationale dans les années 70/80 ont disparu ou végètent, faute de successeurs ou de repreneurs avisés.

Pour Zakaria Fahim, DG du cabinet BDO, qui a mis en place un baromètre de la transmission d’entreprise, «la démarche est mal appréhendée, au point que les dirigeants préfèrent transmettre leurs activités à des proches en construisant un montage associant une donation-partage et l’instauration d’une holding familiale, même si ces derniers n’ont pas toujours les capacités nécessaires et suffisantes pour les diriger; ce qui peut remettre en cause la pérennité de l’entreprise. Tout comme ils se trouvent parfois confrontés à la vente forcée». Pourtant, les entreprises disposent d’une large palette de mécanismes visant à mieux préparer les transitions. Il en est ainsi du capital-investissement sous toutes ses formes, plus particulièrrement le capital transmission destiné à accompagner la transmission d’une entreprise et le capital retournement pour aider au redressement d’une entteprise. Pour le moment l’outil le plus usité au Maroc est le capital développement qui n’a pas pour objet la reprise d’une entreprise, mais son accompagnement en vue d’en tirer une plus-value à moyen terme.

Le profil du repreneur doit être bien étudié

Plus récemment, un portail d’informations (www.transmission.ma) a été mis en place pour sensibiliser davantage les opérateurs économiques sur de tels processus. Il y a aussi des séminaires de formation permettant aux cédants et aux futurs repreneurs de s’enquérier, entre autres, des diligences requises pour ce genre d’opérations. Bref, une opération de transmission se prépare en 3 à 5 ans selon les experts. Une période pendant laquelle le patron de l’entreprise doit prendre des décisions déterminantes pour la suite du processus. Ces décisions se rapportent à la motivation personnelle du chef d’entreprise, au degré d’implication de la famille, à la pérennité de l’entreprise et au profil idéal du repreneur.