Technologies de l’information : qui sont les patrons du secteur et d’où viennent-ils ?

Ils sont de formation technique, commerciale, scientifique
ou autodidactes.
Les dirigeants les plus recherchés sont ceux qui savent s’entourer
et motiver leurs collaborateurs.
Quatre dirigeants de sociétés informatiques dévoilent
leur parcours, et les valeurs qui les ont menés jusqu’au poste qu’ils
occupent.

Elle a connu ses heures de gloire à la fin des années 1980 et début des années 1990. Durant cette période, l’informatique, car c’est de cette discipline qu’il s’agit, a été le domaine réservé des techniciens, des spécialistes formés presque exclusivement en la matière : on était informaticien ou on ne l’était pas. Normal que les entreprises spécialisées ou les grands départements dédiés des entreprises fussent dirigés quasi exclusivement par ces derniers. Leur boulot : mettre l’outil au point en vue d’améliorer l’efficacité de l’entreprise. Aujourd’hui, on ne parle plus d’entreprise informatique et très rarement de département informatique, mais de technologies de l’information (TI), grâce à l’émergence d’Internet, favorisé par l’essor des télécommunications, qui est en train de s’imposer comme l’un des premiers canaux d’affaires dans le monde.

L’informatique n’est plus qu’un maillon dans la nouvelle famille des TI
Dans ce contexte, l’informatique n’est plus qu’un maillon dans la nouvelle famille qui regroupe les TI. En tant que secteur ou domaine réservé aux seuls initiés, il est mort, en même temps que s’effrite le monopole de ces derniers à la tête des sociétés versées dans les TI, où l’on retrouve sociétés de conseil, programmeurs, fournisseurs de contenu, spécialistes en monétique, éditeurs, gestionnaires de site, distributeurs de produits… Outre la technique, il faut donc savoir gérer un vrai business et non plus un simple support technique. A ce titre, nous avons cherché à dresser le portrait de ces hommes ou femmes qui dirigent aujourd’hui les structures d’un secteur dont le potentiel attise beaucoup de convoitises.

Condition essentielle : savoir s’orienter parmi les multiples opportunités du secteur
A titre d’exemple, et pour baliser le chemin de ceux qui cherchent à accéder au sommet, quatre dirigeants de sociétés informatiques ont bien voulu dévoiler leur parcours, ainsi que les valeurs qui les ont menés jusqu’à leur poste. Ils sont de formation technique (ingénieur informatique, télécoms ou autres), commerciale, scientifique ou autodidacte. Si le parcours était tout tracé pour certains, d’autres, au contraire, se sont lancés par choix ou par volonté.

Pour Mounir Mohamed Essaygh, DG de M2M, société spécialisée dans la monétique, «il n’y pas de route toute tracée dans le secteur. Tout est question d’envie, d’opportunités, de rencontres et, finalement, de choix». Le cas de Bachir Rachdi, DG d’Involys, société spécialisée dans la gestion du patrimoine, est révélateur. Malgré un accident de parcours (voir son parcours en pages suivantes), il a su tout de même pu persévérer grâce à sa détermination. Pour lui, un manager qui réussit dans le secteur des technologies de l’information est avant tout quelqu’un qui croit en son potentiel et ce, indépendamment de sa formation.

Toujours est-il que faire carrière dans les technologies de l’information est possible, à condition de savoir s’orienter parmi les multiples possibilités offertes par le secteur. Il est donc primordial de se remettre en question tous les jours. D’autant qu’une technologie peut disparaître ou être supplantée par une autre très rapidement. A cet effet, M. Rachdi ne manque pas de souligner que «le cycle de vie d’un informaticien est de deux ans. Faute de formation continue, ses connaissances deviennent obsolètes». Rester en éveil et s’intéresser de près aux nouvelles technologies permet donc de rebondir plus facilement. Les qualités techniques ne suffisent plus. Il faut aussi être un manager. Ce n’est pas un hasard si les écoles d’ingénieurs ont intégré dans leur cursus des modules de formation en gestion depuis plusieurs années.

Ils sont généralement très mobiles
Les qualités humaines sont tout autant indispensables. Les dirigeants les plus recherchés sont donc ceux qui savent s’entourer et motiver leurs collaborateurs. «Aujourd’hui, le leadership d’un dirigeant doit de plus en plus être mis en évidence», précise Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh. Pour sa part, Aziz Daddane, président du directoire de S2M, société maghrébine de monétique, ajoute qu’il est important de gagner la confiance des collaborateurs et de savoir la garder.

Où trouve-t-on les patrons? A l’inverse du salarié, qui doit souvent faire ses propres recherches pour trouver un autre travail, le directeur général d’une société informatique est souvent démarché par la société elle-même ou par des cabinets de recrutement spécialisés, notamment les chasseurs de têtes, s’il n’est pas le créateur de la société. Quand il s’agit de recrutement, «tout dépend du profil recherché et des besoins de l’entreprise», explique Essaid Bellal. Parfois, on pourvoit au poste par la promotion interne.

Une constante dans le secteur : les patrons sont très mobiles. Hormis les cas de créateurs-dirigeants, leur passage dans une entreprise n’excède pas les 5 années en moyenne. Le temps de mettre l’entreprise sur un nouveau chemin (développement, élargissement du portefeuille clients, du marché, restructuration, nouvelle technologie…) avant de s’attaquer à de nouveaux défis .