Savoir-vivre en entreprise : connaître et respecter les codes pour cohabiter

La pression des résultats et l’individualisation des performances font de l’entreprise un espace de confontation.
Dire bonjour le matin, gérer ses communications téléphoniques, être ponctuel aux réunions sont des comportements de base pour bien vivre en groupe.
La courtoisie est une façon d’exprimer le respect de soi-même.

« J’en ai ras-le-bol de voir mon voisin de bureau empester la salle avec ces cigarettes» ; «mes collègues de bureau n’arrêtent pas de parler foot à longueur de journée, je finis par perdre ma concentration» ; «la commerciale du service ne sait parler que de fringues, bonjour la discussion»… Ces exemples d’expressions qui traduisent des sentiments d’agacement, de colère, d’incofort, d’insatisfaction ou de dépit vous sont certainement familières. Normal, c’est le lot quotidien dans toutes les entreprises, à des degrés divers, bien évidemment. Dans cet espace de vie commune qu’est l’entreprise où l’on passe en moyenne le tiers de la journée, la cohabitation n’est pas toujours facile. Regis Monot, directeur commercial de Steelcase Maroc, le dit clairement : «Le savoir-vivre est indispensable à la bonne marche de l’entreprise». Tous les managers interrogés par La Vie éco en conviennent. Le problème est que l’entreprise est un terrain d’affrontement par excellence. Il y a, d’abord, l’opposition, inhérente à la hiérarchie, entre managers et collaborateurs en raison des objectifs de plus en plus élevés. Il y a aussi la compétition, elle aussi naturelle, entre collaborateurs eux-mêmes du fait de l’individualisation des performances. A cela s’ajoutent les aspects socioculturels comme les membres d’une même équipe provenant chacun d’un milieu et d’une éducation différents les uns des autres.
Heureusement, depuis longtemps, l’entreprise comme toute autre forme d’organisation sociale, a pu remédier à cela. Culture d’entreprise, dynamique de groupe…, chaque entreprise arrive finalement à créer son propre code commun. C’est que, malgré les différences, il y a tout de même des bases communes et immuables en matière de comportement. L’un des premiers et certainement le plus simple, c’est le petit bonjour en rentrant au bureau ou à l’atelier. Samira Raïssouni, coach certifiée, confirme : «La politesse doit être naturelle. Prendre le réflexe de saluer ses collègues en arrivant le matin est un petit geste qui ne demande pas d’effort et qui contribue à entretenir une ambiance conviviale». Un cadre raconte à ce propos une anecdote vécue dans son entreprise : l’un des collègues avait la fâcheuse manie de rentrer dans un bureau pour ne saluer que la personne dont il a besoin, tout en ignorant les autres collègues. Il a fini par le comprendre quand on lui a fait pareil.  
Autre cas embarrassant, le tutoiement ou le vouvoiement. Il est inutile de rappeler que la question reste complexe pour beaucoup. C’est comme la façon d’appeler les gens par leur prénom ou utiliser les termes de «Monsieur», «Madame».
La façon de s’adresser à ses collègues, homme ou femme, et à ses supérieurs fait partie des usages qu’il vaut mieux maîtriser très rapidement pour ne pas donner une mauvaise impression. Dans une petite entreprise où tout le monde se voit tous les jours, les relations peuvent être plus étroites et le style d’échange moins formaliste. C’est le contraire dans les grandes entreprises dont les effectifs importants sont à l’origine d’un cloisonnement et donc de moins de familiarités. Dans ce cas, il faut attendre que l’autre vous propose le tutoiement avant de vous y risquer. Sinon votre attitude risque de passer pour du mépris ou du manque de respect.
Autre comportement important : bien se tenir lors des réunions. Parce que ces dernières sont importantes dans la vie en entreprise, il est essentiel d’y observer un code de conduite irréprochable. Il est évident que la première des politesses consiste à arriver à l’heure. Pendant la séance de travail, le minimum est de prêter attention aux propos des collègues et d’attendre son tour avant de prendre la parole.
Mais l’un des principaux terrains de conflits personnels est l’open space, un mode d’organisation que de plus en plus d’entreprises adoptent pour rationaliser les investissements et faciliter la communication. Dans un tel environnement, les bruits en tout genre sont permanents. Par exemple, le téléphone portable peut y être source de perturbation. S’il a vocation à rester allumé toute la journée, certaines précautions sont à prendre pour éviter d’importuner les collègues. En réunion par exemple, il est fréquent de voir plein de têtes baissées sur leur portable.  «Je laisse toujours mon téléphone portable chez mon assistante pour éviter d’être perturbé pendant les séances. J’invite également les autres à en faire autant», signale ce manager.

Certaines entreprises affichent les bonnes règles de conduite

A défaut d’une prise de conscience de chacun, il est préférable de se définir clairement des règles de vie communes. C’est ainsi que pour instaurer le calme, certaines entreprises collent carrément des affiches dans les lieux dédiés à cet effet pour rappeler l’interdiction de parler en criant, bannir les conférences call en plein plateau ou inciter les collaborateurs à mettre les téléphones mobiles sous vibreur. D’autres préconisent de ne pas prolonger les discussions au-delà d’un certain temps, faute de quoi ils sont invités à continuer la discussion à l’écart de l’équipe dans une salle de réunion, un coin café ou carrément un isoloir aménagé pour cela. Ces endroits sont indispensables pour éviter les conflits. Malheureusement, toutes les entreprises n’ont pas compris que l’ergonomie du poste de travail, ou, par extension, de l’espace, est une condition essentielle pour favoriser l’efficacité, la productivité. Il en résulte parfois des aménagements sommaires qui génèrent le contraire de ce qui est recherché.
«Il faut toujours garder à l’esprit que ce que vous faites peut déranger vos voisins», explique le directeur commercial de Steelcase Maroc. Si l’on est obligé de manger dans son bureau, on évitera de laisser traîner les restes. En somme, il est indispensable de faire des concessions pour vivre en groupe. Le fait d’être courtois et de se soucier du confort des autres n’est autre qu’une façon d’exprimer le respect de soi-même.

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